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Ascension vertigineuse pour le Rouge et Or

Une nouvelle ère dans le paysage sportif du Québec grâce à l’équipe de football de l’Université Laval

Ascension vertigineuse pour le Rouge et Or
Photo Agence QMI, Daniel Mallard

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La naissance du club de football du Rouge et Or de l’Université Laval en 1995 a marqué une nouvelle ère dans le paysage sportif québécois. Au fil des ans, grâce à son recrutement, et surtout à ses victoires, l’équipe de football est devenue la chouchoute des amateurs de sports de la région de Québec. Le Journal a été aux premières loges de l’ascension du programme vers les plus hauts sommets.

À l’automne 1995, Québec pleurait le départ de ses Nordiques vers le Colorado, survenu quelques mois plus tôt. Après plusieurs années d’efforts à la réalisation de ce projet, le Rouge et Or voyait le jour dans un contexte qui s’annonçait favorable. L’aventure s’est avérée une réussite dès le botté d’envoi initial.

Richard Boutin est affecté à la couverture du Rouge et Or pour <i>Le Journal</i> depuis 1998. Après le départ des Nordiques en 1995, le « timing était bon » pour l’équipe de football universitaire, dit le journaliste sportif. L’absence du fleurdelysée avait notamment favorisé la couverture médiatique du Rouge et Or.
Photo Agence QMI, Daniel Mallard
Richard Boutin est affecté à la couverture du Rouge et Or pour Le Journal depuis 1998. Après le départ des Nordiques en 1995, le « timing était bon » pour l’équipe de football universitaire, dit le journaliste sportif. L’absence du fleurdelysée avait notamment favorisé la couverture médiatique du Rouge et Or.

« [L’absence des Nordiques] a favorisé la couverture médiatique, ça a comblé un vide à ce moment-là. Le timing était bon pour le Rouge et Or », soutient le journaliste sportif Richard Boutin, affecté à la couverture de l’équipe pour le compte du Journal depuis 1998.

« Les Claude Allaire, Gilles Moffet et Richard Boutin, ce sont des gars du Journal qui ont épousé la cause du football. Les médias se sont mis à supporter le football comme dans aucune autre place dans la province. Ils ont vu la valeur ajoutée de promouvoir le football », poursuit l’entraîneur des deux premières éditions et membre du groupe de fondateurs, Mike Labadie.

« Le triomphe de la ténacité »

Labadie et ses associés ont essuyé un premier refus de l’Université Laval en 1993 avant de revenir à la charge aux côtés de Maurice Filion, Jacques Tanguay et Marius Fortier. Laval devenait la première institution universitaire francophone à offrir du football d’élite au Québec.

« Maurice Filion a apporté énormément de crédibilité. Puis, à partir du moment où Jacques et la machine Tanguay ont embarqué, il y a énormément de problèmes qui se sont réglés. Les obstacles étaient nombreux. C’était le triomphe de la ténacité », reconnaît Labadie, ne manquant pas de souligner aussi l’apport de son ami Jean Chabot dans la création du club.

Du succès hâtif

Parti pratiquement de rien, le Rouge et Or n’a pas mis de temps à laisser sa marque sur le terrain. Cela aura pris seulement trois ans depuis la saison préparatoire de 1995 pour que les joueurs du campus de Sainte-Foy vivent la frénésie éliminatoire. C’est à partir de ce moment que Le Journal a commencé à couvrir également les rencontres sur la route en dépêchant un journaliste.

Un an plus tard, contre toute attente, le Rouge et Or soulevait pour la première fois de sa courte histoire la coupe Vanier en battant Saint Mary’s en finale, à Toronto.

« C’était complètement inattendu, autant par les joueurs que par tout le monde [...] Ça ne s’était jamais vu qu’une équipe gagne la Coupe Vanier aussi rapidement », note le scribe.

Les succès du Rouge et Or depuis 22 ans ont eu un impact majeur dans le développement du sport dans la région. Aujourd’hui, on dénombre environ 80 programmes de football dans les écoles.

« Les succès du Rouge et Or ont fait en sorte que le football a explosé [...] Il y a plein de coachs qui sont dans les programmes collégiaux et scolaires qui sont des anciens du Rouge et Or. C’est un héritage du football universitaire », estime Boutin.

 

Nouveau PEPS

Malgré les succès du Rouge et Or, il a fallu attendre jusqu’à l’agrandissement du PEPS, en 2012, avant l’aménagement d’installations dignes de ce nom pour la presse. « On est passés du tiers-monde au 21e siècle dans la même année !, rigole Richard Boutin. On était dans une cabane où l’eau et le vent rentraient à l’intérieur. C’était épouvantable. Aujourd’hui, ce sont des installations dignes de la LCF. »

Un pari contre Laval !

À la naissance du club, une personne bien placée au sein de l’Université Laval avait parié 20 $ avec Mike Labadie que le club mettrait des années avant de remporter un match officiel. La première victoire est survenue le 29 septembre 1996, 10-2 contre McGill, soit seulement quelques semaines après le début de la saison ! « Quand elle m’a remis le 20 $, elle m’a dit que je n’allais jamais pouvoir le dépenser ! », lance Labadie en dévoilant le fameux billet vert encadré.

Un froid sibérien

De toutes les finales de la Coupe Vanier qu’il a couvertes depuis 1999, Richard Boutin se souvient d’une semaine particulièrement glaciale, à Saskatoon, en 2006. « Il faisait tellement froid que les ballons explosaient pendant la semaine de pratique. C’était incroyable. Du mardi au lundi suivant il faisait -1000 ! Mais les estrades étaient pleines pareil. Le préposé des Eskimos, que Glen Constantin connaissait, avait amené toutes sortes de chaussures à essayer ainsi que de l’équipement pour garder les gars à la chaleur. »