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Oser créer l’école idéale

Le directeur d’une école de Montréal publie un livre qui offre au Québec des pistes pour révolutionner l’éducation

Ugo Cavenaghi Isabelle Senecal
Photo Simon Clark Le PDG d’une école de Montréal, Ugo Cavenaghi, cosigne l’essai avec la directrice de l’innovation pédagogique du Collège Sainte-Anne, Isabelle Senécal.

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Oser créer l’école idéale. C’est la mission que s’est donnée le PDG d’une école de Montréal qui lance, dans un livre, un appel à une véritable révolution dans le milieu scolaire.

Ugo Cavenaghi estime que ce n’est plus de réformes dont le système a besoin, mais bien d’une poussée vers le 21e siècle. Avec Osons l’école : des idées créatives pour ranimer notre système éducatif, il décrit de long en large le travail effectué dans les trois écoles du Collège Sainte-Anne depuis quelques années pour dynamiser l’enseignement.

Que ce soit au primaire, au secondaire, ou au collégial, le président-directeur général de l’établissement estime avoir trouvé avec son équipe une façon de refaire l’école qui pourrait intéresser d’autres acteurs du milieu.

«On ne parle pas d’une formule Sainte-Anne, on parle d’adapter l’école à ce qu’est la société d’aujourd’hui. Pourquoi tout dans la société évolue, mais que rien n’a changé dans les écoles depuis plus de 50 ans? On forme nos jeunes pour des métiers d’hier alors que les défis de demain vont arriver rapidement. Il faut que ça change», explique Ugo Cavenaghi, qui cosigne l’essai avec la directrice de l’innovation pédagogique du Collège Sainte-Anne, Isabelle Senécal.

Virage techno

Parmi les priorités identifiées par M. Cavenaghi, le virage technologique vient en tête de liste. Et il ne suffit pas d’offrir des outils aux enfants, il faut les préparer à être les acteurs des changements à venir. Des changements qui arriveront «de plus en plus vite»

«Qui aurait cru il y a 10 ans qu’on aurait des voitures autonomes aujourd’hui? Et pendant ce temps, dans les écoles, les tableaux verts sont devenus blancs. Wow, big deal!», ironise l’auteur qui rappelle que plusieurs métiers actuels n’existeront plus demain.

«Il faut insister sur les stratégies de résolution de problèmes en équipe, la pensée critique, la créativité. Il faut inclure ça à travers les apprentissages classiques parce que c’est ça que les employeurs recherchent. Le diplôme, tout le monde a le même rendu en milieu de travail, c’est le reste qui va différencier nos jeunes», croit M. Cavenaghi.

Autonomie nécessaire

Le directeur général est bien conscient que toutes ces idées ont pu être mises en place parce que le Collège Sainte-Anne dispose de l’autonomie qui vient avec le statut d’école privée. Il est toutefois convaincu que la formule est applicable au public, à condition de laisser les gens en place travailler.

«Tant et aussi longtemps que les écoles ne seront pas autonomes, ça ne se règlera pas. Personne n’est imputable dans le système actuel. On doit permettre aux écoles de s’adapter à leurs clientèles. Ce n’est pas aux enfants à s’adapter au système d’éducation en place, sinon on étouffe le talent, la créativité», fait remarquer l’auteur, ajoutant que l’école d’aujourd’hui doit notamment rivaliser avec un adversaire de taille.

«Pourquoi l’élève va à l’école pour apprendre des choses qu’il trouve dans son téléphone? Il faut les accrocher autrement.»

Ouverture

Ugo Cavenaghi a pu remettre en main propre son ouvrage au ministre de l’Éducation Sébastien Proulx mardi. Un signe d’ouverture intéressant d’après l’auteur. «J’ai l’impression qu’il y a une ouverture. On sent une volonté, notamment avec le projet du Lab-École, même s’il a été fortement critiqué», indique le directeur du Collège Saint-Anne.

Ce dernier estime qu’il est temps d’agir avant que le train ne soit passé. Alors que le Québec est reconnu pour investir de grosses sommes en Éducation, il souhaite voir cet argent utiliser autrement.

«Actuellement, on investit dans du ‘’patchage’’. C’est beau 1 500 orthopédagogues supplémentaires par exemple, mais s’ils sont là, c’est parce qu’il y a des problèmes dans les classes. Pourquoi ne pas s’attaquer à la source du problème», questionne l’auteur qui souhaite voir son livre provoquer la discussion et le débat sur l’état des choses.