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La « non-loi » sur la neutralité religieuse

Porter le voile islamique intégral dans la rue devient illégal en France.
© Shutterstock

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La loi sur la neutralité religieuse (et sur le visage à découvert pour recevoir un service public) n’en est pas une. Je considère que c'est un énoncé, un souhait, un vœu pieux, mais ce n’est pas une législation.

Tous contre la loi

Des militants de Québec solidaire prennent le métro masqué : aucune sanction.

L’université McGill ne veut pas appliquer la loi au nom des accommodements religieux : aucune sanction.

Le maire Coderre décrète que la loi ne s’appliquera pas à Montréal : aucune sanction.

La ministre de la Justice, Stéphanie Vallée l’a confirmé :

« Le vivre ensemble ne se développe pas par des sanctions, mais dans le dialogue. Personne ne sera expulsé des transports collectifs, personne ne se verra refusé des soins de santé d’urgence, personne ne sera chassé d’une bibliothèque au Québec ».

J’ai beau regarder la loi de tout bord, tout côté, j'ose affirmer que ce que le gouvernement libéral a fait adopter n'est que du vent. Une loi sans sanctions, sans obligations, que personne ne semble vouloir mettre en œuvre, ce n’est pas une loi.

Tout le monde fâché

Encore une fois, le malaise libéral transparait dans ce dossier. On veut faire plaisir aux électeurs francophones sans trop déplaire à sa base immigrante. Le mi-figue, mi-raisin ne paie jamais auprès de la population et la pire des décisions est celle qui te place en situation perdante-perdante.

Que les libéraux assument ce qu’ils sont : multiculturaliste. Ce n’est pas ma vision personnelle, mais c’est une position défendable et qui reçoit l’appui de milliers de québécois. En attendant, le vivre ensemble recule de plus en plus sous un gouvernement libéral, faute de balises claires. Ces derniers sont tiraillés entre les désirs profonds de changement de la majorité québécoise et une infime minorité d'individus qui se réfugient derrière la charte des droits et libertés de la personne.

Un petit jeu pour tester votre tolérance

Pour chacun des énoncés suivants, répondez par oui ou par non :

  1. Êtes-vous d’accord à ce que les employés de l’état puissent travailler (quel que soit le corps de métier) le visage couvert ?
  2. Êtes-vous d’accord à ce que les gens puissent avoir le visage couvert lorsqu’ils reçoivent un service de l’état ?
  3. Êtes-vous d’accord à ce que les gens puissent avoir le visage couvert dans l’espace public ?

Dès que vous répondez OUI, n’allez pas plus loin. Si vous avez répondu NON à la 1, 2 et/ou 3, ceci représente votre seuil de tolérance. À l’instant où vous avez des hésitations, considérez cela comme un oui.

Toutes les formations politiques devraient se poser ces questions. Une fois qu’ils ont établi leur niveau de tolérance 0-1-2 ou 3... qu’ils aillent jusqu’au bout.

Aller de l'avant, c’est d’accepter que vous serez critiqués par des groupes de pression, par les partis d'opposition et c’est aussi se mettre à dos une partie de la population. Aller jusqu’au bout, c’est aussi envisager d’utiliser la clause dérogatoire pour se soustraire à l’application de la charte des droits et liberté canadienne.

Les libéraux, ce n’est pas un dossier avec lequel ils sont à l’aise, je respecte ça. Alors, regardons l’offre politique des autres partis : ainsi nous pourrons nous faire notre propre idée.