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Guy Nantel va droit au but

L’humoriste lançait mardi soir son 5e spectacle en carrière

L’humoriste Guy Nantel s’attaque à plusieurs sujets, dont la liberté d’expression et le harcèlement, dans son nouveau spectacle.
Photo Jean-François Desgagnés L’humoriste Guy Nantel s’attaque à plusieurs sujets, dont la liberté d’expression et le harcèlement, dans son nouveau spectacle.

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Pour Guy Nantel, aucun sujet n’est tabou, même pas la culture du viol ni la vague de dénonciations de harcèlement sexuel qui déferle sur l’industrie depuis deux semaines. Son nouveau spectacle, Nos droits et libertés, contient un numéro sur le consentement, dans lequel il est question de Gilbert Rozon, Éric Salvail, et même Alice Paquet.

L’humoriste lançait son spectacle mardi à la salle Albert-Rousseau, le premier d’ailleurs à faire une première médiatique depuis les allégations contre Gilbert Rozon.

Dans son numéro sur le consentement, Nantel a d’abord déploré que la société mette tous les hommes dans le même panier. Il s’est ensuite questionné sur les limites du consentement, affirmant qu’il va «falloir faire ça chez le notaire», désormais. 

Guy Nantel a ensuite solidement écorché les ironies dans la cause médiatisée d’Alice Paquet et du député Gerry Sklavounos, qui a fait l’actualité l’an dernier. Il n’a pas mâché ses mots, soulevant le fait qu’elle était une ex-prostituée.

«Quelle débandade», a-t-il ensuite commenté sur les vies «finies» de Rozon et Salvail. «Mais quel gars ici n’a jamais déposé son pénis sur le bureau d’un collègue pour faire avancer un dossier ! », a-t-il sarcastiquement lancé.

Du contenu intelligent

Guy Nantel s’est aventuré sur de nombreux terrains glissants au fil de la soirée, mais jamais sans susciter la réflexion. «Nos droits et liberté» est un spectacle très étoffé dans lequel l’humoriste va droit au but et tire à boulets rouges, d’un même souffle, sur les plus sujets les plus chauds. Dire que Nantel est en grande forme est un euphémisme. Débarqué sur scène presque en criant, avec un débit quasi trop rapide, il n’a pas pris une seule gorgée d’eau pendant 1h45.

Il nous a balancé ses critiques sociales d’un seul trait, nous mitraillant de lignes savoureuses. On lève notre chapeau à son habileté notable. Comme il nous le fait remarquer, c’est «un show qui demande un minimum d’attention. On est pas à Dominic et Martin là».

«C’est un des soirs les plus importants en 30 ans de carrière. C’est un show difficile à faire», a-t-il confié à la fin du spectacle. Ses efforts en valent franchement la peine, et ses efforts ont été récompensés par un public hilare du début à la fin.

Religion et politique

Qu’il y avait du contenu dans ce spectacle un peu étourdissant, au final. Impossible de tout énumérer ici.

Avant le numéro sur le consentement, Guy Nantel avait longuement élaboré sur la liberté de culte, alors qu’il affirme souhaiter être un gourou. On ne gâchera pas le punch, mais le public est interpellé chaque fois qu’il prononcera le mot gourou.

L’histoire de Jésus a abouti sur les scandales sexuels de l’Église. «Les curés qui parlent contrent les gais, c’est comme un végétarien qui parle contre les légumes.»

Plus corrosif que jamais

Comme son habitude, il n’y a pas grand-chose qui est passé sous son radar, que ce soit La Voix, Raël, le Doc Mailloux, ou ses collègues Sugar Sammy, Louis-José Houde... et même Jérémy Gabriel, qu’il ne nommera pas. «Il peut poursuivre. Ça m’est égal. Je ne vais pas aller brailler comme Ward», a-t-il lancé.

Puis, il s’est attaqué à la liberté d’expression des humoristes, aux courriels haineux, au système démocratique et il égratigne solidement les Québécois, des «mollassons» qui ont autant de volonté qu’une «lavette» et qui «carbure à la bullshit».

«Qui ici a déjà lu un programme de politiciens?»

Même quand il parle de trisomie, ça passe bien auprès des spectateurs, avec qui il improvise parfois dans les premières rangées. Susceptibles s’abstenir, mais sinon, le spectacle de Guy Nantel promet sans doute d’être un des meilleurs de l’automne.

Si Guy Nantel souhaite brasser la cage de la société et alimenter les débats, c’est mission accomplie. Les spectateurs ne manqueront pas de sujets de discussion en revenant dans la voiture.