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Les forêts envahies

Chasse chevreuils
Photo Julien Cabana En raison de l’abondance de chevreuils dans la plupart des zones de chasse du Québec, les spécialistes du MFFP ont émis 28 % de plus de permis pour la chasse des cerfs sans bois ou femelles, cet automne.

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À compter du lever du soleil ce samedi, des dizaines de milliers de chasseurs vont envahir les forêts du Québec alors que débutera la saison de chasse du chevreuil à l’arme à feu dans la majorité des zones de chasse où elle est permise.

« Il est certain que l’on peut considérer cette fin de semaine comme le début de la plus importante vague de chasseurs de chevreuils, même si depuis quelques années, d’autres engins de chasse ont pris plus de place, affirme le biologiste responsable du dossier du chevreuil au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), François Lebel. Si la température est de la partie, les chasseurs devraient connaître du succès. »

Selon les chiffres fournis par le spécialiste, en 2016, 56 % des chevreuils ont été récoltés durant la période de chasse à l’arme à feu.

« Il est certain que ce chiffre peut paraître impressionnant, mais il faut savoir qu’en 1996, c’est 77 % des chevreuils qui étaient abattus de cette façon durant la chasse. Aujourd’hui, des engins nouveaux prennent plus de place comme l’arbalète. En 2016, les chasseurs ont récolté 22 % du nombre total de bêtes enregistrées. Cela prouve la popularité de cet engin et surtout que les chasseurs ont appris à bien l’utiliser. Elle est très efficace dans le cas de la chasse du chevreuil. »

 

UNE POPULATION INTÉRESSANTE

Selon l’expert, la population de chevreuils se porte plutôt bien sur l’ensemble du territoire québécois. On estime qu’elle compterait autour de 240 000 bêtes.

« Je crois que la saison 2017 sera bonne pour les amateurs. L’indice numéro un pour savoir si la population de chevreuils se porte bien, c’est de déterminer si l’hiver a fait des dommages. Nous utilisons plus de 30 stations de neige qui servent à évaluer l’accumulation de neige au sol. Si elle est trop importante, elle peut compliquer les déplacements des chevreuils lorsqu’ils veulent se nourrir en hiver et au printemps. Les rapports obtenus le dernier hiver ont permis de classer l’hiver dernier dans les catégories facile à intermédiaire, tout dépendant des régions. Cela signifie que le chevreuil sera au rendez-vous. » Ce système est parmi les plus anciens et les plus fiables, selon les spécialistes de partout. Il est utilisé depuis la fin des années 1970. L’hiver demeure le facteur numéro un pour la mortalité des chevreuils au Québec.

PLUS DE PERMIS DE FEMELLES

Pour appuyer leur théorie, Lebel et son équipe ont décidé d’augmenter le nombre de permis de femelles ou cerfs sans bois pour la saison de chasse. Au total, 29 128 permis ont été émis, dont 7000 seulement pour la zone 7 sud, soit une augmentation globale de 28 %. « C’est une façon très efficace de contrôler la population de ce cervidé qui peut littéralement exploser dans des conditions idéales. »

Cet automne, de nouvelles mesures sont appliquées en Estrie, dans les zones 6 nord et 6 sud, avec une restriction sur la taille des bois des mâles que les chasseurs pourront récolter.

« Cette mesure vise à protéger les jeunes mâles qui vont assurer la pérennité de l’espèce. Dans cette région, il faut exercer un contrôle serré parce que la population de chevreuils est très importante. Pour compenser cette interdiction et compte tenu de l’état actuel de la population, nous avons augmenté de façon très significative les permis de cerf sans bois ou femelles. Pour la zone 6 nord, nous sommes passés de 5000 à 8500 alors que pour la zone 6 sud, au lieu de 1800 permis, nous en avons émis 5000. »

En réponse aux interrogations de certains chasseurs qui se demandaient pourquoi la saison ouvrait plus tard cet automne, Lebel expliquait : « Il faut savoir que dans la loi, il est mentionné que la chasse doit ouvrir le samedi de novembre le plus près de la date du 1er. Cet automne, c’était le 4. Ailleurs, la chasse ouvre à date fixe, mais chez nous, c’est la mesure que nous avons choisie. »

SOUPER HÉRITAGE FAUNE

La 18e édition du souper-bénéfice de la Fondation Héritage Faune aura lieu le 17 novembre prochain, à l’hôtel Plaza, situé sur le boulevard Laurier à Québec. L’événement sera sous la présidence d’honneur de M. Serge Larivière, biologiste, trappeur passionné et directeur général de l’Office de la sécurité du revenu des chasseurs et piégeurs cris. Les fonds recueillis lors de cette soirée spéciale seront entièrement dédiés à des activités de la relève en chasse et en pêche. Encan silencieux et tirage de nombreux prix de présence sont au programme. Pour tout savoir : 418 878-8901.