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Les humoristes expliquent leur plan post Gilbert Rozon à «Tout le monde en parle»

Les humoristes expliquent leur plan post Gilbert Rozon à «Tout le monde en parle»

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Ils étaient nombreux sur le plateau de «Tout le monde en parle», dimanche, pour expliquer leur plan pour l’ère «post Gilbert Rozon».

À l’appel de Martin Petit, une coalition d’humoristes lance le Festival du Rire de Montréal, qui pourrait concurrencer Juste pour Rire. Il s’agira d’un organisme à but non lucratif avec un conseil d’administration et d’une direction générale «qui s’assurera que tout se déroule bien».

► Si les humoristes portaient des t-shirts noirs sur lesquels était écrit le nom d’un autre humoriste, c’est pour souligner la collaboration de tous ceux qui ne pouvaient pas être là.

Voici ce qu’il faut retenir des échanges qui ont eu lieu sur le plateau dimanche:

Martin Petit: «Quand j’ai appris tout ce qu’a fait Gilbert Rozon pendant toutes ces années-là, qu’on ne savait pas, j’ai été touché comme tout le monde au Québec. Je me suis senti trahi parce que je lui avais parlé trois semaines avant et la dernière affaire qu’il disait tout le temps, c’est «merci Martin pour ta confiance. Ben c’est ça qu’il a été question pendant 30 ans, abuser de la confiance de tout le monde.»

«J’ai attendu une semaine après les événements pour voir ce qu’il allait faire. Moi, dans cette situation-là, si j’avais créé un festival avec des fonds publics [...] moi j’aurais dit: je ne mérite pas votre confiance, je ne mérite pas ces clés-là, arrangez-vous avec, je vous les donne.»

«Après 7 jours, il a dit, c’est à moi et je le donne à celui qui a le plus d’argent. Là, j’ai appelé mes meilleurs amis, et j’ai échangé des idées. C’est là qu’est sortie l’idée de faire quelque chose de mieux. Nous sommes une coalition étendue, environ 35-40. Personne ne m’a dit non encore.»

Réal Béland: «Le but c’est de créer un festival. Regroupons-nous avec des meilleures valeurs, tout le monde à parts égales. On veut donner l’exemple parce qu’on est visibles en tant qu’artistes, et j’espère que si on donne l’exemple, dans toutes les sphères de la société tout le monde va suivre ce mouvement-là.»

Maxim Martin, qui a aujourd’hui récupéré les droits de son émission Max et Livia, présentée sur Vrac, et anciennement produite par Juste pour rire, en avait aussi long à dire: «J’étais en état de choc total. Mes premières pensées sont allées vers ma fille qui vit déjà une période très difficile. [Note, la fille de l’humoriste est en deuil de son copain Clément Ouimet, décédé dans un tragique accident de vélo.] C’était inconcevable que ma fille soit impliquée dans une boite dont le dirigeant soit accusé de tous ces gestes odieux. Et pour moi que je contribue à une rentrée d’argent à cette boite-là. C’était donc un réflexe de père. [...] Je ne peux pas protéger de tous les agresseurs sexuels, mais si lui je peux le tasser, je vais le faire.»

Les humoristes expliquent leur plan post Gilbert Rozon à «Tout le monde en parle»
Photo Tout le monde en parle

 

Marie-Lise Pilote: «Quand on est une jeune humoriste, on a peur de parler, parce qu’on a peur de passer pour une chialeuse, pour une fille qui se lamente, qui est compliquée. C’est pour ça que j’ai été très heureuse quand Martin m’a appelée. Je veux être sur le C.A. Je n’ai pas d’intérêt personnel là-dedans, mon seul but, c’est de veiller à ce que les femmes aient leur place en humour.»

Silvi Tourigny: «Il y aune belle évolution qui est faite, mais, sur un gala, il y a souvent juste une fille. Et on resouligne tout le temps le fait qu’il y a juste une fille, et là, tu as intérêt à être bonne.»

Dominique Anglade, ministre: «Il y a un volet de mon ministère [de l’économie] qui est l’économie sociale. L’objectif, c’est d’avoir des sociétés qui partagent des valeurs communes qui se mettent ensemble. On a contacté Martin Petit et le message c’est de ne pas être passif comme gouvernement face à ce regroupement. De voir comment on peut faire en sorte qu’ils arrivent avec un plan d’affaires qui tient la route.»

Martin Petit: «On a trouvé le bon modèle. On a connu la pyramide, où le profit s’en va à une ou deux personnes. Si ça tombe en haut, tout le monde est touché en bas. On a trouvé un véhicule où il y a 50 personnes qui seront le contenant, ceux qui feront un festival, et on va engager des gens. Et si quelqu’un fait des niaiseries, ben on le sort et tout va continuer pareil.»

«Le Mouvement Desjardins nous a appelés [pour investir]. C’est un beau message qu’ils ont envoyé [...] que si on se met ensemble, cette histoire de Festival du rire peut devenir crédible rapidement.»

«Le directeur général sera Paul Larocque (pas le journaliste), l’ancien maire de Bois-des-Filion. Il n’a à son actif, aucun scandale. Il est reconnu et c’est un incorruptible. Bientôt on va recevoir les CV.»

Réal Béland: «C’était une de mes motivations de sauver les emplois des gens qui travaillaient sur l’autre festival. Eux devaient être en panique et inquiets.»

Michel Barrette: «Enfin, on se rencontre. On décide ensemble. On n’est pas en train d’attendre un appel d’en haut. Qu’est-ce qu’on attend de l’humour au Québec? On en jase ensemble.»

Julien Lacroix, humoriste de la relève: «Je trouve ça très motivant. Des fois à Juste pour rire, on ne s’y identifiait pas. Avec la nouvelle formule qu’on essaie de créer, il va y avoir plus de place pour divers styles d’humour, plus de place pour la relève.»

Réal Béland souhaite payer encore mieux les techniciens et baisser les prix des billets : «Si l’argent est mis à la bonne place, on va réussir. J’aimerais que la première blague qu’on fasse, ça soit le prix du billet.»


Il n’y a toujours pas de date ni de programmation pour le Festival, mais les humoristes assurent avoir plusieurs rencontres prévues dans les prochains jours.