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L’ouragan Gergiev

L’ouragan Gergiev

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Hier soir, nous avions le choix entre la première à l’Opéra de Montréal (La Cenerentola) ou le passage éclair de l’Orchestre Mariinsky de Saint-Pétersbourg sous la direction de Valery Gergiev. Comme le don d’ubiquité n’existe pas, le choix fut tout simple. En attendant mardi le conte de Cendrillon, voici nos impressions d’hier soir. Pleine à craquer, et nous parlons ici, d’un véritable succès, la Maison symphonique accueillait donc la puissante machine du Mariinsky et son patron. À la manière d’un concert rock, ça tonnait, la puissance de feu avait peu d’équivalence. En ouverture, Une vie de héros de Richard Strauss tombait sous le sens avec, les célébrations du 11 novembre. Dans la veine d’un Fritz Reiner, Valery Gergiev sourirait tout ce qu’il pouvait de sa formation, télescopant puissance, lyrisme grandiose sans les boursouflures et donnant champ libre à son premier violon, véritable tsigane dans l’âme.

Nous pensions avoir tout entendu, que non !


Après l’entracte, le gentil colosse aux doigts de fées, soit le pianiste Denis Matsuev nous faisait découvrir, le Concerto de Rodion Shchedrin.

Si la substance ne m’a pas impressionné, du genre Gershwin sous l’acide, Matsuev est passé à l’attaque. Ça fusait de partout, servi par une puissance colossale, avec en arrière-plan, un orchestre qui offrait un soutien sans failles et des cuivres, presque tout Broadway. Pour conclure ce concert hautement «  tripatif  », l’Oiseau de feu de Stravinsky

ne pouvait tomber mieux. Avec gourmandise, Gerviev et son orchestre déployèrent une panoplie de couleurs, avec des teintes vives et majestueuses.

Dans la grande tradition russe, ce fut une réussite totale, avec un sens certain de la magie qui sied aux plus grands.