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Le mépris de Guy A. Lepage

Le mépris de Guy A. Lepage
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Ce n’est pas un, ni deux, ni trois, ni quatre, ni cinq, ni six, ni sept, ni huit, ni neuf, ni dix... mais bien onze humoristes qu’on a pu voir hier à TLMEP pour parler du nouveau Festival du rire de Montréal.

D’ailleurs, sur le fil Twitter de l’émission on nous apprenait, avec fierté, que c’était «la plus grande délégation jamais reçue à TLMEP».

Hé boboy ! Rien de trop beau pour la classe ouvrière !

Vous essayerez ça vous, de mettre sur pied votre propre OBNL et d’être invité avec 10 de vos amis deux jours plus tard à une émission en heure de grande écoute vue par un million de personnes. Et, cerise sur le sundae, la ministre qui se pointe pour vous donner son imprimatur !

 

Le plus bizarre, c’est que certains des 11 (onze !) humoristes ne se sont même jamais ouvert la trappe. On se demandait pourquoi ils étaient là. J’espère qu’ils ont apprécié être payés grassement par les contribuables canadiens pour jouer aux plantes vertes. (Une présence à TLMEP est payée 900$)

 

Et pourquoi Guy Nantel n’était pas là alors qu’il y avait de la place pour onze (onze !) humoristes du Festival du rire de Montréal ? J’en avais parlé dans ma chronique de vendredi.

 

Mais même Hugo Dumas de La Presse se posait aussi la question hier soir. Et suggérait qu'on aurait pu inviter moins d'humoristes.

La réponse de Guy A. Lepage est empreinte de mépris.

 

 

« Guy Nantel a bien surfé sur sa victimisation cette semaine. Si ça continue, ça va être encore hot la semaine prochaine » .

 

Le gars « surfe sur sa victimisation » ? Guy A. a-t-il lu les journaux ? Un homme qui a menacé de mort Nantel a reçu la visite des policiers, des armes ont été découvertes, et le gars a comparu en Cour pour menaces et harcèlement. Deux policiers étaient présents à la première montréalaise de Nantel et ils ont été présents dans la salle pendant la première partie du spectacle. Nantel a engagé un garde du corps.

 

Un seul humoriste a pris la défense de Nantel et c’est Mike Ward.

Hier à l’émission, Guy A. aurait pu au moins demander aux humoristes, qui dans leur vidéo se présentent comme les « leaders de la liberté d'expression » ce qu’ils pensaient de l’affaire Nantel. Mais non, pas un mot.

 

Après tout, comme le disait lui-même Guy A. Lepage sur Twitter, au sujet de l'affaire Nantel : « En fait, dans les priorités de l’actualité de cette semaine, c’est plutôt secondaire ».

 

 

 

Vous souvenez vous quand RBO faisait son sketch sur l’Anti-Palestine ? Ce médicament qui contient du fanatix, de l’orthodox et du hassidine ?

 

 

 

 

Je me demande : si à l'époque Guy A. avait reçu des menaces de mort, qu’il avait dû présenter un spectacle sous escorte policière et avec garde du corps, aurait-il trouvé que c’était « secondaire » dans l’actualité ?

Et s’il avait dénoncé ça sur la place publique, aurait-il aimé que l’on dise qu’il avait « surfé sur sa victimisation » ?

Un dernière question: au début de l'émission, Guy A, a précisé qu'il avait assisté à une des 42 réunions des humoristes pour la création du festival. Puis à la fin, Martin Petit lui a fait la grande demande: travailler auprès des humoristes comme conseiller pour l'exportation télé sur la scène internationale.

 

Heu, vous le dites si on dérange, les amis ! J'avais comme l'impression d'assister à une séance d'autocongratulation entre amis impliqués dans le même projet.

Guy A. ne s'est-il pas placé en quelque sorte en apparence de conflit d'intérêts ?

Au moins, quand il reçoit Chantal Fontaine, il ne plogue pas le restaurant qu'ils ont ensemble. Hier on aurait aimé qu'il fasse preuve de la même "petite gêne" .

 

 

AJOUT: Monsieur Lepage a répliqué sur Twitter. La grande classe.