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Glissement de terrain: la fosse continue son avancée vers leur maison

Mardi
Photo courtoisie Mardi

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SAINT-ROCH-DE-RICHELIEU | Les propriétaires de la maison qui est passée à deux doigts de tomber dans la rivière Richelieu, à Saint-Roch-de-Richelieu en Montérégie, dimanche, devront probablement dire adieu à leur propriété.

La résidence évaluée à 376 000 $ risque toujours de tomber et la Sécurité civile maintient l'avis d'évacuation. Le glissement de terrain a en effet continué d’avancer durant la nuit, si bien qu’une partie de la galerie se trouvait dans le vide mardi matin.

Cet été
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Cet été

Les propriétaires de la maison, Dominique Feuiltault, 48 ans, et Marie-Ève Leblond, 35 ans, étaient au travail dimanche vers 11 h 30 lorsque leur terrain s’est effondré dans la rivière Richelieu.

Ils sont arrivés à leur domicile une dizaine de minutes après avoir reçu l'appel de la Sûreté du Québec.

Dominique Feuiltault et sa conjointe Marie-Ève Leblond devant le périmètre de sécurité entourant leur demeure de la rue Saint-Jean-Baptiste, en Montérégie.
Photo Magalie Lapointe
Dominique Feuiltault et sa conjointe Marie-Ève Leblond devant le périmètre de sécurité entourant leur demeure de la rue Saint-Jean-Baptiste, en Montérégie.

Aucun membre de la famille recomposée de quatre personnes ne se trouvait à l’intérieur de la maison, sauf leurs deux chiens, qui ont été sauvés.

M. Feuiltault, un pompier volontaire qui a combattu l’incendie de Lac-Mégantic en 2013, avait choisi cette maison de Saint-Roch-de-Richelieu il y a 10 ans pour son calme et la vue féérique. Il se considère maintenant chanceux d’être en vie.

Dimanche
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Dimanche

Chanceux

«Pour moi, ma priorité, ç’a toujours été l’être humain. Il aurait pu y avoir quelqu’un à l’intérieur de la maison et la tranchée aurait pu être sur le côté ou devant la maison. Nous sommes chanceux d’être encore en vie», a dit le propriétaire.

La propriété de la rue Saint-Jean-Baptiste est évaluée à 376 000 $. L’assureur a confirmé lundi au couple qu’il n’allait pas payer. La résidence risque toujours de tomber.

La demeure était située à environ 150 pieds de la rivière Richelieu avec un dénivelé de 35 pieds. Jamais la famille n’a eu d’indice qu’un glissement de terrain surviendrait.

«Je continue à dire que ma maison n’était pas une maison à risque. Les gens qui se bâtissent dans une zone inondable à quelques mètres de l’eau cherchent un peu le trouble. Moi, à la hauteur et à la profondeur que ma maison était, je ne cherchais rien», a lancé le propriétaire.

Lundi
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Lundi

D’ailleurs, lundi avant-midi, les inspecteurs de la Sécurité civile étaient sur place pour constater l’état du glissement de terrain.

«On maintient l’avis d’évacuation sur la résidence. La résidence est en danger. On va éventuellement sortir les objets qui sont à l’intérieur sous la supervision des ingénieurs», a expliqué le directeur régional de la Sécurité civile de la Montérégie et de l’Estrie, Jean-Sébastien­­­ Forest.

Loin

En fin d’après-midi, le couple avait pu sortir quelques papiers importants comme leurs passeports et les véhicules motorisés du garage, mais rapidement, ils ont vu le périmètre de dangerosité s’agrandir en raison de nouvelles chutes de terrain.

«Où est-ce qu’on va coucher ce soir? Je ne peux même pas répondre à cette question. Dans ce genre de tragédie, tout le monde est dans la rue. Par chance, j’ai un très bon réseau d’amis et de contacts», a conclu Dominique Feuiltault.

 

Une année record

Le ministère de la Sécurité publique confirme qu’il y a eu un record de 338 cas de mouvements de sol cette année au Québec.

Les pluies abondantes et les sols argileux expliqueraient cette situation.

Selon Jean-Sébastien­­ Forest, de la Sécurité civile, il y aurait eu 10 glissements de terrain en zone argileuse au cours de la dernière semaine au Québec.

«Si les politiciens ne voient pas à la sécurité des riverains et que personne ne fait d’expertises pour trouver le bobo, ce n’est peut-être pas la cause du cancer, mais je vais porter ma voix pour les autres, mais surtout pour éviter des pertes humaines», a lancé M. Feuiltault.

Au lendemain du glissement de terrain qui a failli emporter sa maison, Dominique Feuiltault veut s’assurer qu’il n’y aura jamais de pertes de vies humaines causées par ce problème.

Il suivra son dossier de près et veut tout comprendre afin d’éviter d’autres drames.

Il aimerait que des expertises et des ressources soient envoyées chez ses voisins pour éviter des pertes humaines.

– Avec l'Agence QMI