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Trois Montréalais accusés d’avoir floué 700 retraités californiens

Ils ont été dénoncés par une voisine qui entendait leur arnaque

Façade du  4154 St Hubert et 4158
Photo d’archives Les trois suspects (en mortaise) effectuaient présumément leurs appels téléphoniques frauduleux dans un logement de cet immeuble ­­­de la rue Saint-Hubert à Montréal sans réaliser que des voisins pouvaient les entendre.

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Dénoncés par une voisine qui les entendait arnaquer des aînés au téléphone, trois présumés escrocs de Montréal devront maintenant faire face à leurs victimes devant la justice américaine.

Ainsi en a décidé la Cour d’appel du Québec à l’endroit de Jean-Sébastien Gaudreault, 43 ans, de son frère Pascal, 46 ans et de Gabriel Frenette, 27 ans, qui ont ainsi épuisé leurs recours judiciaires visant à éviter leur extradition, la semaine dernière.

Jean-Sébastien Gaudreault<br>
<i>Accusé</i>
Photo courtoisie
Jean-Sébastien Gaudreault
Accusé
Pascal Gaudreault<br>
<i>Accusé</i>
Photo courtoisie
Pascal Gaudreault
Accusé
Gabriel Frenette<br>
<i>Accusé</i>
Photo courtoisie
Gabriel Frenette
Accusé

Détenus, les trois présumés escrocs seront escortés en Californie afin de subir leur procès pour une « fraude grands-parents » totalisant 600 000 $. Ils sont passibles d’une peine minimale d’incarcération de cinq ans advenant leur culpabilité.

C’est d’ailleurs la pénitence imposée en 2014 à leur ancien patron et instigateur de ce réseau de fraudeurs, le Montréalais Pascal Goyer, 34 ans.

Celui-ci a toutefois reçu la sentence minimale après avoir accepté de témoigner pour la poursuite au procès afin d’incriminer ses complices allégués.

Les quatre Québécois auraient bêtement fait fi du vieil adage « les murs ont des oreilles » en exploitant cette combine dans un appartement du Plateau-Mont-Royal, où l’insonorisation laissait à désirer.

Entre les mois de juillet à novembre 2011, Goyer, Frenette et les frères Gaudreault auraient floué près de 700 retraités dans la vallée de San Fernando, dont ils avaient obtenu les numéros de téléphone en achetant des listes d’adresses à des entreprises.

De faux avocats

Ils pouvaient gagner plus de 30 000 $ par semaine, selon les documents judiciaires mis en preuve.

En se faisant passer pour des avocats ou des fonctionnaires, ils persuadaient présumément ces victimes vulnérables que leurs petits-enfants avaient un besoin urgent d’argent après avoir été impliqués dans un accident de la route ou s’être fait arrêter par la police.

Mais en octobre de la même année, une voisine exaspérée d’entendre le manège des accusés à travers les murs de cet immeuble de la rue Saint-Hubert a alerté la police.

Un enquêteur de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) s’est présenté chez elle et a lui-même entendu les suspects en train de flouer une personne âgée de plusieurs milliers de dollars en inventant une histoire d’accident.

Puis, il a cogné à la porte de leur logement et Jean-Sébastien Gaudreault lui aurait ouvert.

Ce dernier ne s’attendait tellement pas à voir un policier qu’il avait « à la main une liste de noms de victimes potentielles [et] des montants inscrits vis-à-vis certains noms », a notamment relaté le juge Louis Rochette, de la Cour d’appel.  

D’après l’enquête, qui a été bouclée par le FBI avec l’aide de la GRC, les suspects utilisaient une fonction permettant de bloquer l’identification de la source de l’appel téléphonique et demandaient aux victimes de transférer les fonds de façon électronique, via Western Union.

► Au procès, la poursuite entend faire témoigner plusieurs victimes « âgées entre 75 et 86 ans » et habitant en Californie.