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François Massicotte dans sa zone de confort

François Massicotte a fait le ménage dans son spectacle à la suite des critiques formulées à son égard lors de sa première montréalaise, il y a deux semaines.
Photo JEAN-FRANCOIS DESGAGNÉS François Massicotte a fait le ménage dans son spectacle à la suite des critiques formulées à son égard lors de sa première montréalaise, il y a deux semaines.

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Avec son 7e one-man-show, François Massicotte reste dans sa zone de confort. Devant un public enthousiaste, le père de quatre enfants, dont les trois plus jeunes ont été adoptés, a étalé avec énergie sa vie de famille sous toutes ses coutures, mardi, à la salle Albert-Rousseau.

Il faut dire que François Massicotte a fait le ménage dans son spectacle à la suite des critiques formulées à son égard lors de sa première montréalaise, il y a deux semaines.

Sous le reproche d’avoir recyclé des gags de son dernier spectacle, Jugez-moi, en 2013, il a retiré la ligne où il affirmait que sa blonde avait conçu leurs trois enfants avec P.K. Subban.

Il a aussi complètement enlevé le segment «vente de garage», où il donnait une seconde vie à des objets, un numéro qui était aussi dans le spectacle précédent, et un vieux gag sur le végétarisme. Un nettoyage qui semble avoir fait un grand bien.

François Massicotte a de plus servi une prometteuse introduction inspirée de l’actualité, à mille lieues du sujet de la famille, et adaptée pour Québec. «Nous autres, on a changé de maire, changé de festival d’humour. Vous autres vos restaurants vont bien, nous, on a perdu Les recettes pompettes

Après avoir assisté à plusieurs premières cet automne, on est en mesure de constater que décidément, Gilbert Rozon et Éric Salvail sont devenus les têtes de turcs de plusieurs humoristes. François Massicotte n’a pas fait exception avec des flèches savoureuses. Lorsqu’il a engagé un clown à une fête d’enfants qui faisait toujours la même forme avec des ballons, soit «un pénis avec deux couilles», il lui a lancé «va voir Salvail!».

Déjà vu

Puis, François Massicotte est entré dans le vif du sujet de son spectacle: la famille, dont il parle déjà largement sur les réseaux sociaux. Non seulement les thèmes ne sont pas très originaux et il n’a rien réinventé, mais quelques anecdotes avaient un air de déjà vu.

Avec sa famille atypique, l’activité normale se transforme en aventure rocambolesque. Les récits de son voyage en Thaïlande avec ses enfants, de son expérience à la cabane à sucre, au Bora Parc ou au camping ont capté notre attention.

 

Les fameuses listes d’épicerie, la rentrée scolaire, les listes d’achat de matériel, ce qu’on peut mettre ou ne pas mettre dans les lunchs, les jouets qui se multiplient dans le salon, les fêtes d’enfants, «aujourd’hui organisées par evenko», tellement c’est gros: franchement, les sujets sont redondants. Les parents vont se sentir concernés, les autres spectateurs, un peu moins.

Il évoque aussi l’absurdité des rencontres de parents à la maternelle. «La prof elle va me dire quoi? Qu’il est en retard en gouache?»

Plus personnel

En deuxième partie, François Massicotte a bifurqué vers les sujets plus personnels, avouant ne pas se sentir pas à la hauteur face aux «familles parfaites». Il aborde le racisme, le fait d’être père à 50 ans, la maladie mentale et même le sujet glissant qu’est le suicide.

Malgré qu’on puisse reprocher à l’humoriste de manquer d’audace et de se terrer dans sa zone de confort, on ne peut pas passer sous silence que le public, lui, a ri aux éclats à plusieurs reprises. Même si ceux qui n’ont pas d’enfants y trouveront moins leur compte, Massicotte est un excellent raconteur, son humour physique fait mouche et son talent pour le stand-up, lui, ne s’est pas effrité au fil du temps.

François Massicotte sera de retour à la salle Albert-Rousseau le 26 janvier prochain.