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Le français à Québec rebute les touristes américains

Une étude conclut que la langue est une «barrière»

Les touristes anglophones, particulièrement les Américains, craignent d’avoir de la difficulté à se faire comprendre dans leur langue.
Photo d'archives Les touristes anglophones, particulièrement les Américains, craignent d’avoir de la difficulté à se faire comprendre dans leur langue.

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Le caractère francophone de Québec est un attrait pour la capitale, mais aussi un frein à la venue de touristes, particulièrement en provenance des États-Unis.

« Il y a une forme de contradiction à gérer dans le fait de vouloir mettre de l’avant l’atout distinctif que constitue la francophonie qui porte aussi en lui une faiblesse [la langue française]. »

C’est le constat qui ressort d’une série de consultations faites cette année dans le cadre d’une étude de la firme Zins Beauchesne que Le Journal a obtenue par l’accès à l’information. Intitulée Analyser la composante francophone de l’expérience touristique de Québec, l’étude a été commandée par l’Office du tourisme de Québec (OTQ). L’Office veut miser sur le français pour vendre Québec aux visiteurs étrangers. Les auteurs de l’étude ont donc consulté plusieurs acteurs du milieu touristique à Québec pour savoir si cette stratégie leur semble pertinente.

Contrainte de la langue

La réponse est positive, mais les intervenants notent un obstacle de taille : « Une des principales contraintes perçues est paradoxalement la barrière de la langue », lit-on dans le rapport. « Pour les clientèles américaines, c’est la langue française elle-même, et son usage, qui fait barrière, notamment pour ce qui est des lieux de diffusion et de production relevant des arts de la scène, où la compréhension de la langue est essentielle. Cela est également vrai dans certains lieux d’interprétation. »

Ainsi, les touristes anglophones, particulièrement les Américains, craignent d’avoir de la difficulté à se faire comprendre dans leur langue.

Cette crainte est aussi soulevée par les restaurateurs et les gens de l’hôtellerie. « Il faut gérer, notamment pour le tourisme d’affaires, la crainte de ne pas pouvoir se faire servir en anglais, particulièrement sur le marché US. »

La politique ne fait pas bon ménage

Les intervenants remarquent aussi qu’il faut éviter toute référence à la politique, surtout auprès de la clientèle ontarienne. Les auteurs de l’étude identifient comme une « menace et une contrainte externe » le fait qu’il puisse y avoir « certaines associations politiques négatives possibles d’une partie de la clientèle anglaise ».

Les anglophones craignent aussi d’avoir de la difficulté à s’orienter en raison de l’affichage unilingue français. Un problème qui s’est tout de même atténué avec la démocratisation des appareils GPS.

En ce moment, dit l’étude, il y a absence « d’approche invitante proposée aux visiteurs étrangers pour découvrir et vivre cette francophonie de Québec et de sa région ».