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Le remède pour Price

Charlie Lindgren ne sortira pas Carey Price de Montréal, mais il apporte un nouveau souffle à l’équipe.
Photo Martin Chevalier Charlie Lindgren ne sortira pas Carey Price de Montréal, mais il apporte un nouveau souffle à l’équipe.

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J’aimerais que le Canadien soit plus transparent sur l’état de santé de Carey Price, mais je suis convaincu que le meilleur remède à son état mental et à sa confiance se nomme Charlie Lindgren. Si j’étais à la place de Price, j’aurais hâte de revenir au jeu et j’aurais du feu dans les yeux.

Les choses changent vite dans le hockey et Lindgren s’impose. Il a du cran, il sait que la porte est ouverte et il en a profité pour voler deux matchs en une semaine, soit celui à Chicago où le Canadien n’avait pas gagné en 15 ans, ainsi que celui contre les Sabres, samedi au Centre Bell.

Les joueurs du Canadien m’ont grandement déçu contre les Sabres, mais ils se sont réveillés en troisième période et c’est Lindgren qui a gardé le match à leur portée comme il l’avait fait à Chicago. Je ne veux pas m’emballer après seulement quatre matchs, mais j’adore ce que je vois de Lindgren et il change la donne.

On a toujours dit que les succès du Canadien passaient par Price, mais visiblement, Lindgren représente une belle option pour l’entraîneur Claude Julien. On sait bien qu’il ne sortira pas Price de Montréal, mais il apporte une nouvelle énergie, un nouveau souffle à l’équipe.

Comme Al Montoya est sur le carreau avec une commotion cérébrale, Lindgren est le choix évident pour l’instant, mais lorsque Price reviendra au jeu, les choses seront différentes. Pour une première fois depuis le départ de Jaroslav Halak à l’été 2010, Price aura enfin un adjoint capable de lui mettre de la pression.

Lindgren semble avoir plus de potentiel que les autres auxiliaires de Price comme Alex Auld, Peter Budaj, Dustin Tokarski, Mike Condon et Al Montoya qui n’ont jamais été une menace pour Price. Un peu comme Condon, Lindgren fait ses débuts dans la ligue, mais il le fait avec tellement d’éclat et de détermination qu’il passe un message à bien du monde, dont l’état-major du Canadien.

Lindgren doit rester

Une chose est évidente. Lindgren devra rester à Montréal, même lorsque Price et Montoya seront en santé. On sait que Price retrouvera ses moyens un jour et le Canadien aura plus de chances de gagner avec un duo Price-Lindgren qu’un duo Price-Montoya.

D’ailleurs, jusqu’à présent, le gardien qui a offert les meilleures performances a été Lindgren. Les statistiques ne mentent pas. Lindgren présente une moyenne de buts alloués de 1,24 alors que les deux autres sont à 3,77.

Si Julien dirige au mérite, Montoya devra éventuellement être cédé à Laval, même au risque de le perdre au ballottage.

Price agacé ?

Si j’étais Carey Price, je me sentirais un peu agacé par toutes les louanges qui pleuvent à l’endroit de Lindgren, dont ceux du capitaine, Max Pacioretty, qui dit adorer la combativité du jeune gardien, autant dans les matchs que dans les entraînements. C’est presque une flèche à l’endroit de Price. Les joueurs aiment jouer pour Lindgren.

Rien ne dérange Price, semble-t-il, et je vous disais dans cette chronique que je me demandais où était son bouton de panique. Je sens qu’on va bientôt le savoir.

Toute cette vague Lindgren devrait fouetter Price et c’est pour ça que je dis que Lindgren est probablement le meilleur remède et le plus beau cadeau qui pourrait arriver à Price et au Canadien.

De plus, gagner sans Price, ça doit faire du bien aux hommes de Claude Julien.

Encore des secrets

Je vous avoue que je n’en peux plus des secrets du Canadien. Si Price est blessé pour deux ou trois semaines, qu’on le dise, point. C’est bizarre qu’il s’entraîne avec Stéphane Waite, mais qu’il ne puisse s’entraîner avec l’équipe. On a déjà vu ce film-là.

– Propos recueillis par Gilles Moffet

 

Un futur numéro un ?

Il est trop tôt pour dire si Charlie Lindgren deviendra éventuellement un gardien numéro un, mais il a cette détermination que l’on voit chez les négligés, chez des gars comme Tim Thomas ou Jonathan Quick, ou encore Ed Belfour et Curtis Joseph. J’étais comme ça aussi, mais ce genre de détermination me faisait peur lorsque je la voyais chez mon partenaire. Neuf fois sur dix, ça me motivait et je devenais meilleur. Celui qui m’a surpris a été Cristobal Huet. Je le craignais moins que Mathieu Garon, mais sous les ordres de Claude Julien, il a graduellement grugé dans mon temps de glace pour éventuellement me sortir de Montréal.

Un négligé oublié

Parlant de négligé et de détermination, vous souvenez-vous de Tomas Vokoun, un choix de 9e ronde du Canadien en 1994 ? J’avais été le choix de 2e ronde, cette même année. L’espoir du Canadien, c’était moi, mais je peux vous dire que lorsque je l’ai vu au camp d’entraînement à 19 ans, il m’a grandement impressionné. Il m’a aidé à comprendre que rien n’est acquis dans le hockey. Les Predators de Nashville l’ont « volé » au Canadien dans le repêchage d’expansion et il a connu une très belle carrière.

Belle initiative

Quelle belle décision d’introniser au Temple de la Renommée la même année Paul Kariya et Teemu Selanne ! Ces gars-là ont marqué l’histoire des Ducks d’Anaheim.

Condoléances à Martin Brodeur

Je tiens à offrir mes condoléances à Martin Brodeur et à sa famille. Martin est éprouvé par le décès de son frère, Claude. J’ai connu Martin à l’âge de 12 ans, donc j’ai rencontré Claude à quelques reprises. Claude était un vrai Brodeur, sympathique, mais aussi tout un athlète. Il était imposant.

Les gardiens à Vegas

La série de blessures aux gardiens des Golden Knights permet au Québécois Maxime Lagacé de prendre de l’expérience. J’ai aimé ce que j’ai vu de lui. Il a un bon gabarit, il est calme et en contrôle. Cette expérience qu’il acquiert présentement l’aidera énormément dans sa carrière.