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Il récolte des millions grâce à une monnaie virtuelle

L’Autorité des marchés financiers aimerait voir le Québécois aller en prison

Dominic Lacroix (à gauche) était au palais de justice de Québec hier pour un outrage au tribunal.
Photo, Stevens Leblanc Dominic Lacroix (à gauche) était au palais de justice de Québec hier pour un outrage au tribunal.

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QUÉBEC | Un vendeur d’une prétendue nouvelle « monnaie virtuelle » de Québec a encaissé 2,5 millions $ US en 15 jours auprès d’investisseurs naïfs, malgré une décision obtenue par l’Autorité des marchés financiers (AMF) lui ordonnant de cesser ses activités.

L’AMF réclame six mois de prison et une amende de 10 000 $ contre Dominic Lacroix, président de la firme DL Innov.

Il est décrit par l’AMF comme le « chef d’orchestre » de la mise en marché du « plexcoin », un projet de nouvelle monnaie virtuelle, ou cryptomonnaie, sur le modèle du bitcoin.

Cette pseudomonnaie est toujours promue sur internet, notamment sur le site Facebook. Des rendements « faramineux » sont promis aux acheteurs potentiels, selon l’AMF.

Des travaux sur une mégamaison

« Il y a des indices très forts de fraude », a affirmé hier la procureure de l’AMF au palais de justice de Québec. L’AMF a pu retracer des virements bancaires où l’argent d’acheteurs de plexcoin a servi à payer des travaux sur une nouvelle mégamaison en construction de Lacroix et de sa conjointe à Charlesbourg.

Selon un enquêteur de l’AMF, Pierre Hamelin, la valeur de cette maison s’élève à « quelques millions » de dollars.

« Il y a 7 ou 8 millions $ [d’argent investi dans le plexcoin] qu’on n’a pas pu retrouver. [...] 10 000 personnes ont déjà fait des achats de plexcoin. [...] Seule une peine d’emprisonnement immédiate peut obliger M. Lacroix à cesser ses activités », a dit la procureure de l’AMF.

En octobre, un juge a déclaré Lacroix coupable d’outrage au tribunal. Il a continué de solliciter des investisseurs en septembre malgré des ordonnances en juillet le lui interdisant. Dans des textos cités, il dit préférer « faire chier » l’AMF.

L’AMF a aussi cité des échanges de textos où Lacroix étudie la possibilité d’ouvrir des comptes offshore en Suisse, à Singapour et en Nouvelle-Zélande. « Il semble trouver très divertissant qu’on tente de protéger l’intérêt public », a dit la procureure de l’AMF.

Il tente de plaider la bonne foi

L’avocat de Dominic Lacroix a tenté de plaider la bonne foi de son client en disant qu’il avait désormais bloqué ses sites aux investisseurs québécois. Le porte-parole de l’AMF, Sylvain Théberge, a souligné que Dominic Lacroix a déjà été mêlé à une affaire de fausse banque en ligne, Micro-Prêts, au début des années 2010.

DES RÉACTIONS

« M. Lacroix a une conscience très claire de l’illégalité de ses gestes »

« Il a pris des mesures pour déjouer l’enquête de l’AMF et mêler les cartes »

« Il y a une très forte probabilité de fraude »

– La procureure de l’AMF

« On considère que notre client respecte les ordonnances »

– L’avocat de Dominic Lacroix