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Manque de rigueur à la SQ dans le passé

Les gestionnaires utilisaient mal le fonds secret

Alfred Tremblay, Steven Chabot et Richard Deschenes ont tous trois plaidé non 
coupables aux accusations reliées aux dépenses secrètes de la Sûreté du Québec.
Photo d’archives, pierre-paul poulin Alfred Tremblay, Steven Chabot et Richard Deschenes ont tous trois plaidé non coupables aux accusations reliées aux dépenses secrètes de la Sûreté du Québec.

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D’anciens gestionnaires de la Sûreté du Québec manquaient de rigueur dans leur façon d’utiliser le fonds secret du corps policier, indique un rapport présenté au procès de trois anciens hauts gradés.

« Une des causes est le manque de connaissances des règles et politiques de gestion », peut-on lire dans le document de cour présenté par la défense, lundi au palais de justice de Montréal.

Ce rapport a été présenté alors que l’ancien directeur général Mario Laprise témoignait pour la Couronne au procès de son prédécesseur Richard Deschenes, ainsi que des ex-hauts gradés Steven Chabot et Alfred Tremblay.

Ils sont accusés de fraude, de vol et d’abus de confiance. Selon la poursuite, Chabot se serait accordé une dépense secrète de 167 931 $ à quelques jours de sa retraite, en 2010, tandis que Tremblay aurait reçu 79 877 $.

Le fonds secret est normalement utilisé pour payer des informateurs ou des enquêtes sur le crime organisé, entre autres.

Mario Laprise, un ancien directeur général de la Sûreté du Québec.
Photo d’archives, chantal poirier
Mario Laprise, un ancien directeur général de la Sûreté du Québec.

 

Problématiques

Mais dans le passé, le fonds secret était utilisé de manière « libérale », a reconnu Mario Laprise.

« Au début des années 1990, tout ce qui était considéré comme une dépense légitime s’en allait dedans », a-t-il dit.

M. Laprise a déjà lui-même pigé dans le fonds secret pour un tournoi de golf entre intervenants dans la lutte au crime organisé, a insisté la défense en lui présentant un document datant de 2000.

Selon un rapport de 2013, soit à l’époque où M. Laprise était directeur général, les gestionnaires de la SQ avaient tendance à utiliser le fonds secret « pour se soustraire aux règles et aller plus vite ».

Le rapport suggérait notamment une formation aux gestionnaires.

« La reddition de compte, c’est un gros enjeu, a expliqué M. Laprise. Les choses ne se corrigent pas en criant ciseau. Moi, à l’interne, j’ai changé les directives pour que ça [l’utilisation contestable du fonds secret] ne puisse pas se reproduire. »


Le contre-interrogatoire de Mario Laprise se poursuit mardi.