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Une première vague de mises à pied au chantier Davie

800 emplois sont en jeu: Québec presse Ottawa d’agir

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Pendant que le gouvernement du Québec presse Ottawa de redonner de l’ouvrage au chantier Davie, plus d’une centaine de travailleurs viennent de subir une première vague de mises à pied.

La mauvaise nouvelle a été communiquée en fin d’après-midi à 111 travailleurs du chantier maritime de Lévis, jeudi. Une cinquantaine de sous-traitants sont aussi touchés, a confirmé le président du syndicat des travailleurs du chantier Davie, Réjean Guay.

D’autres mises à pied sont à prévoir. « La semaine prochaine, on peut parler d’entre 300 et 350 travailleurs certain », craint M. Guay.

Le couperet risque de continuer à tomber ainsi de semaine en semaine, d'ici Noël, à moins que le gouvernement fédéral confie enfin à Davie un deuxième contrat de conversion de navire pour la Marine royale canadienne.

Québec presse le fédéral

La conversion d’un premier navire ravitailleur, l’Astérix, devrait être complétée d'ici la fin du mois. L’octroi d'un autre contrat évalué à 650 M$ pour la conversion d’un navire similaire, l’Obélix, se fait toujours attendre avec impatience.

Après les sorties effectuées par les maires de Québec et de Lévis, Régis Labeaume et Gilles Lehouillier, le ministre délégué aux Affaires maritimes, Jean D’Amour, a lancé un nouveau cri du cœur pour les 800 travailleurs du chantier, jeudi matin, en pressant Ottawa d’aller de l'avant avec Davie.

« Si le gouvernement fédéral ne veut pas avoir sur la conscience la perte de 800 (emplois) [...], il est grand temps de prendre des décisions. [...] C’est maintenant la date limite », a signalé le ministre D’Amour, aux côtés de sa collègue et ministre responsable de la région Chaudière-Appalaches, Dominique Vien.

Couillard et Trudeau interpellés

À l’instar du ministre D’Amour, en début de semaine, le député péquiste Harold LeBel a rencontré jeudi la direction et le syndicat des employés de Davie.

Le Parti québécois réclame maintenant l’intervention directe du premier ministre Philippe Couillard.

«Il faut qu’il intervienne [...] pour demander justice aux travailleurs de la Davie», a mentionné le porte‐parole de l’opposition officielle en matière de stratégie maritime.

«On paie 23 % des bateaux qui sont faits à l’extérieur du Québec, et ne contrepartie, on n’a que 1% des contrats. C’est de l’injustice», a ajouté M. LeBel.

Le porte-parole de Davie, Frédéric Boisvert, réclame lui aussi «signal politique clair du premier ministre Couillard au premier ministre Trudeau». «L’urgence, c’est maintenant», a dit M. Boisvert.

Des employés de Davie et plusieurs fournisseurs prévoient manifester devant l’Assemblée nationale, mercredi prochain. Des entrepreneurs se rendront aussi au conseil municipal de Lévis, lundi, pour témoigner de leur appui.

Les deux traversiers bientôt livrés

Par ailleurs, Davie tarde toujours à livrer les deux futurs traversiers de Tadoussac qui ont été commandés par la Société des traversiers du Québec (STQ) en 2011.

Les deux navires devaient être livrés il y a deux ans, mais le chantier maritime a dû réviser à quelques reprises les devis mal ficelés de la STQ. Les deux bateaux couteront finalement deux fois plus cher que prévu, soit 250 M$, alors que le contrat initial octroyé de gré à gré était de 120 M$.

« On a l’assurance qu’ils vont être livrés au cours des prochains mois, a fait savoir le ministre D’Amour. [...] Je ne peux pas vous donner de moment précis, mais une chose est claire, on parle de quelques semaines, quelques mois. [...] Un premier navire sera livré, et l’autre par la suite. »

Rappelons que pour résoudre le conflit, le ministère de l’Économie a finalement enlevé la gestion du contrat des mains de la STQ.

— Avec la collaboration de Dominique Lelièvre