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«Bye»: le douloureux combat d'Alexandre Taillefer

«Bye»: le douloureux combat d'Alexandre Taillefer
Photo COURTOISIE, RADIO-CANADA

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Il y a presque deux ans, le 6 décembre 2015, le fils de l'homme d'affaires Alexandre Taillefer, Thomas, a mis fin à ses jours. Avant son départ, l'adolescent n'a griffonné, à l'intention des membres de sa famille, qu'un simple mot de trois lettres sur un post-it qu'il a collé sur son ordinateur: «Bye».

Ce mot, c'est aussi le titre du bouleversant documentaire qui suit un père endeuillé dans sa quête visant à comprendre ce qui a pu pousser son garçon cyberdépendant à s'enlever la vie et dans son combat afin de changer les choses lorsqu'il est question de santé mentale chez les jeunes au Québec.

Début fracassant

C'est avec un appel placé à Gaétan Barrette, ministre de la Santé et des Services sociaux, que s'amorce l'éprouvant, mais nécessaire périple d'Alexandre Taillefer qui confie, dès les premières minutes à la caméra: «Je ne reverrai jamais mon fils et il n'y a rien que je peux faire pour ça». Un véritable cri du cœur.

Même s'il est parti, Thomas est encore présent dans la maison qu'ont déserté son père, sa mère et sa sœur. On le voit notamment tout sourire dans une vidéo, et sur des photos. Des frissons nous parcourent quand on lit les messages à l'aide qu'il a écrits sur la plateforme de jeu en ligne Twitch, mais qui n'ont pas été entendus.

Alexandre Taillefer se rend entre autres dans un café où des jeunes passent de très nombreuses heures dans l'univers des jeux vidéo en ligne. Au total, huit des 20 «gamers» présents affirment avoir fait une tentative de suicide. Une d'entre elles avoue même avoir rédigé une lettre qu'elle a ensuite brûlée.

Confidences troublantes

«Bye» regorge de moments qui serrent la gorge. Parmi eux, la visite qu'Alexandre Taillefer rend à Loïc, un adolescent de 17 ans qui termine une thérapie de deux mois dans un centre dédié aux dépendances. Par «peur du jugement, du rejet», il a sombré dans un monde virtuel où il se sentait «important» à l'instar de plusieurs membres de sa génération.

En prenant la parole, les jeunes jettent un éclairage puissant et troublant sur des existences paremées d'idées noires.

Ce documentaire, Alexandre Taillefer l'a fait «pour Thomas et pour tous les autres Thomas du monde». Prévention, sensibilisation et recherche de solutions sont des termes qui résonnent tout au long de cette œuvre forte où l'espoir prend peu à peu sa place.

Né dans la tête de Jean-Philippe Dion chez Productions Déferlantes après le passage remarqué d'Alexandre Taillefer à «Tout le monde en parle» en avril 2016, le documentaire «Bye» sera diffusé le 5 décembre à 21 heures à ICI Radio-Canada Télé, en direct sur la page Facebook de la chaîne et simultanément sur les ondes d'ICI Radio-Canada Première.