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Patrimoine trop masculin: Hélène David s'intéresse au débat sur le genre des mots

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Photo Simon Clark «C’est une réflexion qui est de son temps, de masculiniser, de féminiser. Je trouve que ça vaut la peine de se poser ces questions», a affirmé la ministre Hélène David, responsable de la condition féminine.

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La ministre Hélène David juge intéressante l'idée de Québec solidaire de remplacer le mot «patrimoine», jugé trop masculin, par «héritage culturel».

«C’est une réflexion qui est de son temps, de masculiniser, de féminiser. Je trouve que ça vaut la peine de se poser ces questions», a affirmé Mme David, responsable de la condition féminine, à la sortie du caucus libéral mardi.

«Ça a son intérêt linguistique et son intérêt en lien au matriarcat et au patriarcat. Ce sont de grandes réflexions. Il y a toute une réflexion autour de la grammaire française aussi, la masculinisation, la féminisation. En France ça fait des débats énormes», a-t-elle ajouté.

Le Journal a rapporté mardi que Québec solidaire souhaitait remplacer le terme patrimoine par héritage culturel. «C’est un mot qui dans sa racine réfère à une forme de présence et de domination du masculin. L’héritage culturel, c’est autant les hommes que les femmes qui nous l'ont laissé», a affirmé la députée Manon Massé en entrevue avec le Bureau parlementaire. Cette question sera débattue lors du congrès de QS, où la plate-forme électorale du parti sera adoptée.

Hélène David, si elle n’en fait pas une «ultra-priorité», y voit beaucoup de positif. «L’écriture a un lien avec la culture», a-t-elle noté Mme David.

La ministre a aussi révélé qu’elle utilise parfois l’écriture inclusive – qui vise à combattre les stéréotypes sexistes en remaniant l’orthographe – dans ses courriels. Il s’agit d’une méthode qui consiste à féminiser certains mots en plaçant la terminaison au féminin dans entre des points milieu. On écrirait ainsi électeur ·rice · s. «Des fois, j’ajoute le «·es» parfois non, mais j’ai un souci particulier de bien intégrer les femmes, car l’écriture c’est aussi la culture», a-t-elle indiqué.

Le débat lancé par QS n’a pas fait que des heureux. Le candidat péquiste dans Prévost Paul Saint-Pierre Plamondon a raillé: «Il faudrait aussi de toute urgence interdire l'expression "Père Noël" pour la remplacer par "Être en rouge avec des cadeaux"», a-t-il écrit sur les médias sociaux.

En journée, la députée Manon Massé a indiqué qu’elle a senti ce ressac. «Je sens que ça choque. Et je vous dirais qu'honnêtement, des fois, pour changer les choses, il faut choquer», a-t-elle affirmé lors d’un point de presse.


Elle défend l’écriture «épicène», sans masculin et féminin, et souhaite «dégenrer notre écriture». Elle vise aussi l’expression «langue maternelle» puisqu’elle sous-entend que «les femmes sont les seules responsables de la transmission de la langue». «On est au XXIe siècle, on peut commencer à réfléchir à ces questions-là sans en faire un drame national», a-t-elle indiqué.