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Fascinante incursion dans l'univers de Pablo Escobar

Cette série documentaire regorge de témoignages, dont ceux de Sebastian Marroquin, autrefois connu sous le nom de Juan Pablo Escobar, le fils de Pablo Escobar.
Photo d'archives AFP Cette série documentaire regorge de témoignages, dont ceux de Sebastian Marroquin, autrefois connu sous le nom de Juan Pablo Escobar, le fils de Pablo Escobar.

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Voilà près de 25 ans que Pablo Escobar est mort (s'est-il suicidé ou a-t-il été abattu?), mais le célèbre baron de la drogue colombien fascine encore.

Pour sa toute première – et fort réussie – série documentaire originale, le Club illico s'éloigne avec fracas de la fiction avec «Pablo Escobar raconté par son fils» qui regorge de témoignages passionnants, dont ceux de Sebastian Marroquin autrefois connu sous le nom de Juan Pablo Escobar.

Contrairement aux gens derrière la populaire série «Narcos» de Netflix, le réalisateur Olivier Aghaby et le producteur Éric Hébert choisissent de raconter la «vraie histoire» de celui qui a changé à jamais le visage de la Colombie. Et ils le font avec doigté.

Dualité

Au sein d'une petite équipe de cinq Québécois, et après trois semaines de tournage, ils parviennent à dresser un portrait objectif de l'homme, sans glorifier son passé bourré d'activités illégales ni condamner l'être dans son entièreté. Car Pablo Escobar était aussi un père.

«J'estime que je n'ai pas à m'excuser d'aimer mon père. Mais je ne suis pas aveugle», confie d'ailleurs Sebastian, offrant l'exemple même de la dualité entourant le célèbre trafiquant. Il avoue que vers la fin de sa vie, alors qu'il a bombardé le pays de 200 bombes, le paternel avait perdu la boule.

C'est que si certains qualifient Pablo Escobar de «sociopathe» et de «criminel-né», d'autres le décrivent plutôt comme un «demi-dieu» ou un «Robin des bois» pour avoir bâti des maisons et redonné à sa communauté.

De l'inédit

Grâce à des archives photos longtemps cachées, on plonge dans un passé riche. «Pablo Escobar raconté par son fils» comprend de nombreuses images jamais dévoilées, comme celles où le père roule à moto avec son fils d'un an et d'autres où un clown s'amuse avec la moustache du criminel.

Pour la première fois devant les caméras, Maria Victoria Henao, la femme de l'ancien roi de la pègre, prend la parole. Si elles sont courtes, ses apparitions émotives n'en demeurent pas moins très intéressantes. Et c'est sans compter les autres témoignages, dont celui d'un ancien garde du corps.

Savoureuses anecdotes

Mine d'informations, l'oeuvre propose des anecdotes qui ont du punch. Sebastian Marroquin raconte notamment comment son père avait trouvé la façon de passer de la cocaïne grâce à des jeans (et ensuite avec les boîtes) aux États-Unis alors qu'il faisait l'objet d'une surveillance très serrée.

Aussi, parce qu'il pouvait gagner de 50 à 70 millions $ par semaine, le Colombien devait trouver un moyen de cacher cet argent. Les sous-sols de 25 maisons remplis, il a eu l'idée de bourrer un avion. Certes, on adorerait savoir où tout cet argent est allé, mais il faut accepter – comme pour d'autres sujets – que les théories sont trop nombreuses.

Bien que cette série documentaire soit composée de quelque 90 minutes étoffées, l'incursion dans la vie de Pablo Escobar se termine trop rapidement. On en redemande.

«Pablo Escobar raconté par son fils» sera offerte sur Club illico dès jeudi.