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Un avocat coupable d’entrave à la justice va en appel

L’homme de droit réclame un acquittement ou un nouveau procès

Francis Boucher
Photo d’archives, Chantal Poirier Dimitrios Strapatsas est surtout connu pour avoir défendu Francis Boucher, le fils de l’ex-chef des Hells Angels Maurice «Mom» Boucher, qui avait été libéré par erreur.

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Un avocat montréalais coupable d’avoir aidé un meurtrier à dévoiler l’identité d’un délateur continue de clamer son innocence et réclame à tout le moins un nouveau procès.

« Le verdict [de culpabilité] est déraisonnable », clame Dimitrios Strapatsas dans sa demande d’appel déposée devant le plus haut tribunal de la province.

Strapatsas, un criminaliste connu pour avoir défendu le fils de l’ex-chef des Hells Angels Maurice « Mom » Boucher, en a contre le magistrat qui l’a déclaré coupable d’entrave à la justice, le mois dernier.

C’est que le juge Marc-André Dagenais avait conclu que l’accusé de 44 ans avait « participé activement » à une machination du meurtrier John Boulachanis, un ancien client de Me Strapatsas.

Au printemps 2015, Boulachanis attendait de subir un procès pour meurtre. Et dans cette affaire, il y avait un délateur qui devait témoigner sur des déclarations incriminantes que lui avait faites le meurtrier.

« Boulachanis aimerait voir [le délateur] disparaître », avait affirmé un détenu lors du procès de Strapatsas.

Témoin « taré »

Le meurtrier s’était alors arrangé pour que toute la déclaration vidéo du délateur se retrouve sur internet avec l’aide d’un codétenu et la conjointe de celui-ci. Le plan avait fonctionné, et l’avocat Strapatsas avait servi d’intermédiaire en versant 200 $ à la femme.

« Je n’ai rien fait qui, selon moi, serait illégal », avait témoigné Strapatsas pour sa propre défense.

Les témoignages du codétenu et de la conjointe, ainsi que des relevés d’appels téléphoniques et une bande vidéo de l’échange d’argent dans un Tim Hortons, avaient toutefois été jugés suffisants pour que l’avocat Strapatsas soit déclaré coupable.

Or, le juge n’aurait jamais dû en arriver à cette conclusion, clame Strapatsas dans sa demande d’appel.

« Le juge du procès a dit croire la version [du codétenu], malgré qu’il soit un témoin taré », peut-on lire dans le document de cour que Le Journal de Montréal a pu consulter.

Strapatsas reproche également au juge d’avoir « omis » des détails qui auraient pu l’innocenter, et de ne pas avoir conclu qu’il était innocent.

Acquittement demandé

« Même si le juge concluait que [Strapatsas] a remis de l’argent [...] pour la mise en ligne d’une vidéo, aucune preuve n’existe qu’il connaissait le contenu de la vidéo », indique la demande d’appel.

Ainsi, Strapatsas réclame l’annulation du verdict de culpabilité, et de le remplacer par un acquittement pur et simple. Et si le Tribunal refuse cette demande, il réclame un nouveau procès.

Une première audience aura lieu dans les prochains jours, à la Cour d’appel du Québec, à Montréal.