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LesPAC.com pour recruter des machinistes

La directrice générale de Quali-Tech, Sylvie Cournoyer, doit ralentir sa croissance par manque de main-d’œuvre.
Photo Didier Debusschère La directrice générale de Quali-Tech, Sylvie Cournoyer, doit ralentir sa croissance par manque de main-d’œuvre.

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PÉNURIE DE TRAVAILLEURS

Les entreprises ont de la difficulté à combler les emplois. Le taux de postes vacants est à un niveau jamais vu depuis 2004. Loin de se résorber, la pénurie de main-d’œuvre va s’accentuer avec la retraite des baby-boomers. Les entreprises doivent rivaliser pour séduire les candidats.


QUÉBEC | Ne sachant plus où chercher, l’atelier d’usinage Quali-Tech de Québec s’est tourné vers le site LesPAC.com pour recruter des machinistes.

Sur les 24 employés de l’entreprise, 23 sont des machinistes, incluant la directrice générale et actionnaire majoritaire, Sylvie Cournoyer.

« On vient de refuser un client en Espagne parce qu’on n’a pas assez d’employés. Je vais servir mes clients qui sont ici depuis 25 ans avant lui. Il faudrait se robotiser, mais ça coûte 400 000 $ pour acheter une machine », a raconté Mme Cournoyer qui a contacté Le Journal pour réagir à notre dossier.

L’entreprise, qui est présente dans plusieurs marchés, fabrique notamment des pièces utilisées dans la fabrication de munitions pour une société américaine. Pour répondre à la demande, Quali-Tech aurait besoin de cinq ou six machinistes supplémentaires demain matin.

« J’ai essayé le site LesPAC.com. J’en ai trouvé un. Souvent, le recrutement se fait de bouche à oreille », a ajouté la DG.

Chine et Inde

« Nous sommes directement en compétition avec la Chine et l’Inde. C’est sûr que si j’offrais des salaires de base à 30 $ de l’heure, ça ferait la file devant la porte, mais je n’arriverais pas à vendre mes pièces. »

Entre-temps, les commandes s’entassent sur le coin de son bureau et les heures supplémentaires coûtent cher à l’entreprise dont la masse salariale représente près de 52 % des coûts de production. Un machiniste qui sort du centre de formation gagne 16 $ l’heure, alors que les plus expérimentés gagnent autour de 28 $ l’heure.

« Je voudrais prendre de l’expansion, mais je ne peux pas. Je n’ai pas de monde. »

« On essaie de donner des choses pour les garder. On a instauré un système de bonus. On donne des augmentations salariales chaque année. On paie 80 % des assurances collectives. On a donné l’horaire d’été à l’année, mais malgré tout, le problème est là. »

Les femmes sont sous-employées dans les métiers non traditionnels

QUÉBEC | Malgré les efforts pour promouvoir l’embauche de femmes dans des métiers non traditionnels, il reste encore beaucoup de chemin à faire.

Selon le Regroupement des groupes de femmes de la région de la Capitale-Nationale (RGF-CN), le taux d’emploi chez les femmes détenant un diplôme d’études professionnelles s’élevait à 64,9 % en 2016 contre 72,8 % chez les hommes dans la même situation.

« Malheureusement, même dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, on voit des employeurs qui hésitent à embaucher des femmes. Dans les entreprises à prédominance masculine, les femmes peinent à percer. Ce n’est pas parce qu’elles ne sont pas intéressées par ces métiers-là, au contraire », affirme Judy Coulombe, agente de développement pour le RGF-CN.

Blagues sexistes

L’année dernière, le RGF-CN a effectué un sondage auprès de 350 femmes. Malgré leur vision enthousiaste et les expériences vécues sur le terrain, le taux de maintien en emploi de ces femmes dépassait les 50 %.

« Ces femmes arrivent à endurer nombre de situations désagréables pour continuer à évoluer dans leur emploi. »

Blagues sexistes, affichage pornographique et horaires de travail difficiles à concilier avec les obligations familiales sont souvent le lot de ces travailleuses.

« Déjà, le fait d’être minoritaire, c’est un obstacle en soi », souligne Mme Coulombe qui a participé au développement d’une stratégie d’accompagnement.

Parmi les données analysées, il en ressort que 51 % des répondantes ont l’impression de travailler plus fort que les hommes, et 45 % affirment faire face à des obstacles.


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