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Meurtre en 2001: un ex-policier plaide coupable

Michel Usereau
Photo d'archives Michel Usereau

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Un ex-policier a finalement avoué vendredi avoir tué le concurrent de la firme de sécurité où il travaillait, plus de 16 ans après le drame.

«Je demande pardon, je m’excuse sincèrement, je suis désolé du mal que j’ai causé», a lancé entre deux sanglots Michel Usereau, menotté dans le box des accusés.

Après une saga judiciaire et deux procès à refaire – un troisième était prévu pour 2018 –, le meurtrier de 50 ans a finalement avoué avoir tué Jean-Jacques Melkonian et la conjointe de ce dernier, Stéphanie Fragman, le soir du 20 mars 2001.

À l’époque, Usereau, un ex-policier de Sainte-Thérèse, travaillait pour la firme de sécurité Excel. M. Melkonian, de son côté, travaillait pour une entreprise concurrente.

Cinq balles

Mécontent d’avoir perdu un contrat au profit de M. Melkonian, le meurtrier s’était présenté en face de sa victime, vêtu d’un manteau gris à capuchon, d’un cache-col et d’une arme à feu chargée.

Mais si le but initial était «d’intimider» M. Melkonian, le tout a viré au drame.

Usereau a tiré cinq coups de feu, atteignant mortellement l’homme, et blessant Mme Fragman à l’épaule.

«Je n’oublierai jamais les cris de peur de [M. Melkonian], ni ceux qui sont sortis de ma bouche», a émotivement raconté Mme Fragman, vendredi.

Le meurtrier a ensuite pris la fuite. Il a été arrêté un an plus tard.

S’en sont suivies d’interminables procédures judiciaires. Mais vendredi, il a finalement plaidé coupable de meurtre au deuxième degré et de voies de fait armées.

Il a ainsi écopé de la prison à vie, sans possibilité de libération avant 15 ans. Mais compte tenu des années passées en détention préventive, il peut dès maintenant demander sa libération conditionnelle.

Émoi

Si Usereau peut espérer recouvrer sa liberté, le chagrin des proches de la victime ne s’estompera pas, ont-ils affirmé au juge Marc David.

«Ma mère a perdu son enfant... lui [Usereau], peut faire une demande de libération, mais nous, la sentence, elle est à vie», a déclaré la sœur du défunt.

Mme Fragman, qui devait épouser le défunt quelques mois après le drame, a vécu un traumatisme si fort qu’elle a dû déménager hors de Montréal. Elle a depuis refait sa vie, mais la douleur continue de l’habiter.

«J’aimerais voir Michel [Usereau] prendre ses responsabilités... S’il pouvait avouer qu’il a fait une énorme erreur, pour qu’au moins une leçon ait été apprise», a-t-elle dit en pleurant et en regardant droit dans les yeux le meurtrier, qui n’a pas pu s’empêcher de verser des larmes.

Le père de M. Melkonian, de son côté, est toujours inconsolable.

«On était très heureux, on avait une belle famille... Et le destin a voulu que ça arrive, a-t-il dit. Il n’y a pas de pardon, dans mon cœur, je suis déjà mort.»

Usereau s’est ensuite excusé, tout en ajoutant que le soir du drame, le but était «d’intimider» son concurrent.

Compte tenu des délais administratifs, il est fort probable qu’Usereau obtienne une première audience devant la Commission des libérations conditionnelles d’ici trois à six mois, a fait savoir son avocat, Patrick Davis.

Mais même s’il est libéré, Usereau restera sous la supervision des services correctionnels, jusqu’à sa mort.