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J’aime Hydro, une pièce intelligente et essentielle

Christine Beaulieu brille dans la pièce-documentaire

J’aime Hydro, une pièce intelligente et essentielle
Photos courtoisie Pierre-Antoine Lafon-Simard et Sylvie-Ann Paré

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Les échos entourant la pièce J’aime Hydro étaient élogieux et unanimes. Le résultat est à la hauteur et même plus avec une création intelligente, bien écrite et une comédienne qui accomplit un immense tour de force sur les planches.

Présentée jusqu’à samedi à La Bordée, J’aime Hydro est une pièce documentaire qui s’interroge sur ce qu’est devenue la relation entre la société d’État et les Québécois.

Elle s’intéresse au projet La Romaine, qui continue d’aller de l’avant malgré les impacts environnementaux et l’existence d’un rapport suggérant l’arrêt des travaux, aux défis d’efficacité énergétique et aux enjeux liés aux nouvelles technologies.

Mathieu Gosselin, qui accompagne la comédienne sur les planches, joue 28 personnages.
Photos courtoisie
Mathieu Gosselin, qui accompagne la comédienne sur les planches, joue 28 personnages.

Un sujet qui peut, initialement, sembler complexe. Un spectacle de presque quatre heures sur Hydro Québec, avouons-le, est loin d’être sexy et attirant.

Construit comme une enquête journalistique, J’aime Hydro est un objet théâtral captivant, intéressant, teinté d’humour, divertissant et fouillé. On apprend des choses et on ne s’ennuie pas une seule seconde.

Accompagnée sur scène du comédien Mathieu Gosselin, qui joue 28 personnages et de Mathieu Doyon à la conception sonore, Christine Beaulieu raconte comment l’idée de cette pièce est arrivée à elle et toutes les démarches effectuées pour mener le projet à terme.

À guichets fermés

On retrouve des extraits de films où la comédienne-citoyenne, dans sa quête d’information, a assisté à des audiences publiques, posé des questions et des vidéos de sa visite au chantier de La Romaine.

Christine Beaulieu a rencontré des maires de la Côte-Nord, des ministres, des représentants des communautés autochtones, des experts, « Rambo » Gauthier et des gens d’Hydro Québec, dont le PDG, Éric Martel. Elle a même réalisé un exploit en effectuant le trajet Montréal–Havre-Saint-Pierre en voiture électrique pour aller visiter le chantier La Romaine.

J’aime Hydro raconte le parcours d’une comédienne qui ne connaissait rien sur l’électricité, la société d’État et ses enjeux. Tout ce que l’on retrouve dans J’aime Hydro est véridique.

Performance remarquable

Elle présente, à travers une enquête étoffée et réalisée sur le terrain, les deux côtés de la médaille, les arguments des gens qui sont pour et contre le projet La Romaine et elle prend position à la toute fin du spectacle, sans faire de propagande.

À travers les cinq épisodes de J’aime Hydro, Christine Beaulieu se livre dans toute sa candeur. Elle aborde ses faux pas, ses remises en questions, ses vertiges et les soubresauts d’une relation de couple vécus à travers ce projet. Une performance remarquable.

Et J’aime Hydro, pour toutes ces raisons, s’avère être l’œuvre marquante et coup de cœur de cette première portion de la saison théâtrale 2017-2018.

Avec les cinq dernières représentations à guichets fermés, il est possible d’écouter en direct, sur le site porteparole.org, la transmission audio de La Bordée et toutes celles de la tournée qui se termine en mars. J’aime Hydro pourrait reprendre la route à l’hiver 2019.