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Dans les coulisses de Casse-Noisette

La production, qui s’amène à Québec aux deux ans, est présentée dès jeudi au Grand Théâtre

Dans les coulisses de Casse-Noisette
Photo Daniel Mallard

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Le spectacle féérique Casse-Noisette est une expérience inoubliable pour les enfants qui partagent la scène avec les danseurs de ballet professionnels, et c’est aussi, souvent, une histoire de famille. Cette année, Kim Patenaude, qui a participé à la production il y a quatre ans, voit aujourd’hui son fils de neuf ans, Viktor, camper une petite souris.

À trois jours de la première du spectacle mythique des Grands Ballets canadiens, présenté au deux ans à Québec, l’excitation était à son comble hier soir dans le sous-sol du Grand Théâtre, là où les danseurs répètent jusqu’à jeudi. Parmi les 61 jeunes danseurs, 41 proviennent de la capitale. Ils ont été choisis par les 280 qui ont auditionné en septembre dernier.

Parmi eux, il y a Viktor, le seul garçon du groupe. Sa mère, danseuse de ballet dans ses temps libres, a incarné un rat il y a quatre ans.

Viktor est aussi le seul garçon à ses cours de danse de ballet, qu’il suit deux fois par semaine. Il fait également de la compétition. « Il a commencé par le hip-hop à cinq ans et ensuite, il a essayé le ballet et il n’a jamais arrêté, raconte sa mère, émue de voir son fils avoir la même passion. Quand je l’ai fait, il aurait pu auditionner, mais il ne voulait pas. De le voir là, maintenant, je trouve ça incroyable. »

Répétiteur des jeunes danseurs de Casse-Noisette depuis 38 ans, André Laprise est capable de garder autant la discipline que la fébrilité au sein de sa troupe.
Photo Daniel Mallard
Répétiteur des jeunes danseurs de Casse-Noisette depuis 38 ans, André Laprise est capable de garder autant la discipline que la fébrilité au sein de sa troupe.

Motivés

Les enfants, dont certains refont Casse-Noisette pour la deuxième ou troisième fois, répètent tous les dimanches depuis septembre avec André Laprise, répétiteur attitré depuis 38 ans.

Dans les locaux de répétitions du Grand Théâtre, lundi, c’était le branle-bas de combat, d’autant plus que c’était soir d’essayages de costumes. Les jeunes étaient fébriles.

Mais André Laprise, avec patience, douceur et surtout la grande passion qui l’anime, sait comment leur faire comprendre l’importance d’être concentré, pour bien mettre en pratique ce qu’ils ont appris depuis deux mois. « On a trouvé une formule qui fonctionne », dit-il.

Avec son étincelle dans ses yeux lorsqu’il observe ses jeunes, on est bien loin de le sentir lassé de son travail.

« Pour moi, c’est une grande joie, dit-il. Le fait de travailler dans quelque chose que je connais déjà, je n’ai plus l’anxiété et l’excitation de l’inconnu et de la découverte. Mais ce qui m’anime, c’est de voir les jeunes avec lesquels je travaille, et le chemin qu’ils font dans le cadre de cette production-là. Ils sont tellement motivés. »

Plus de 50 ans après sa création, le ballet adapté par Fernand Nault, avec la musique de Tchaïkovski, n’a rien perdu en popularité : il ne reste qu’une poignée de billets pour les six spectacles présentés de jeudi à dimanche.

 Ce sont 280 jeunes qui ont auditionné pour faire Casse-Noisette.
Photo Daniel Mallard
Ce sont 280 jeunes qui ont auditionné pour faire Casse-Noisette.

Féérie intacte

C’est en grande partie grâce aux Grands Ballets, qui gardent la féérie intacte d’année en année, en prenant bien soin de sa production et de ses enfants, en leur accordant tout le temps nécessaire pour les répétitions. « Les enfants ne sont pas “garrochés” sur scène, affirme André Laprise. On a du luxe. »

« Je n’ai jamais vu une compagnie qui entretient son matériel aussi bien. À chaque fois que le rideau se lève, c’est comme si c’était remis à neuf, tout le temps », ajoute-t-il au sujet des décors et des costumes qui ont trente ans.

Parlant de popularité, André Laprise a remarqué une grosse augmentation du nombre de jeunes venus auditionner cette année. Ils sont passés de 169 en 2015 à 280 en 2017.

Même si la danse classique est peut-être moins valorisée que la danse dite commerciale, la popularité pour la danse en générale est très grande, remarque-t-il.

Casse-Noisette est présenté au Grand Théâtre du 7 au 10 décembre.

Les personnages de souris répétaient hier soir, au Grand Théâtre, en vue de la première jeudi. À gauche, on voit Viktor, le seul garçon des 41 jeunes danseurs.
Photo Daniel Mallard
Les personnages de souris répétaient hier soir, au Grand Théâtre, en vue de la première jeudi. À gauche, on voit Viktor, le seul garçon des 41 jeunes danseurs.

Casse-Noisette en chiffres

  • 300 costumes
  • Un costume a une valeur moyenne de 2000 $.
  • 165 personnages
  • 200 personnes travaillent sur la production, incluant danseurs, musiciens et techniciens.