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Le réalisateur Stephan Parent s'engage à retirer les scènes de son film montrant Ugo Fredette, accusé de meurtre

Ugo Fredette
Photo courtoisie Ugo Fredette

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Stephan Parent, le réalisateur du documentaire portant sur l’assassinat de 17 femmes dit comprendre la colère de la famille de Véronique Barbe et s’engage à couper les scènes où son présumé tueur apparaît.

Dans son film intitulé Soixante-dix, M. Parent dénonce le fait que les corps policiers se débarrassent de preuves dans les dossiers de meurtres survenus il y a une dizaine d’années. Mais, outre le sujet du film, c’est la présence à l’écran d’Ugo Fredette, accusé notamment du meurtre de Mme Barbe, qui a surtout fait réagir. Le frère de cette dernière, Daniel Barbe, a parlé de «manque de respect flagrant» et d’une décision «déplacée».

Daniel Barbe s’est aussi insurgé contre le fait qu’il soit inscrit à la fin du documentaire : «À la mémoire de Véronique Barbe».

«J’ai entendu l’appel de Daniel hier (dimanche), c’est un monsieur que je respecte beaucoup», a déclaré le cinéaste en entrevue à LCN, au lendemain de l’avant-première à Montréal.

«Je m’engage à retirer ces scènes-là, on va les tourner à nouveau avec une nouvelle personne», a-t-il poursuivi.

M. Parent dit qu’il croyait que son film «passerait mieux» parce qu’il s’était organisé pour qu’on ne reconnaisse pas Ugo Fredette à l’écran. «J’ai coupé, j’ai coupé, j’ai coupé énormément dans le film et dans les segments que j’avais gardés avec Ugo, il était cagoulé.»

«Vous savez, quand j’ai tourné ce film-là - ça s’échelonne sur deux-trois ans -, je ne pouvais pas m’y attendre qu’il allait commettre un double meurtre plus tard, alors il aurait fallu que je retourne toutes ces scènes-là au complet, et puis là c’est du temps, c’est des frais, c’est un paquet de choses comme ça», a-t-il expliqué.

Le réalisateur est aussi revenu sur son choix de souligner la mort de Véronique Barbe, qu’il décrit comme une amie. «J’ai senti le besoin d’exprimer à ma façon un hommage à Véronique, parce que beaucoup de gens qui étaient là l’ont connue, et ils ont connu Ugo aussi, alors je savais qu’inévitablement j’allais devoir en parler», se justifiant de ne pas avoir avisé la famille. Stephan Parent dit qu’il avait déjà tenté d’entrer en contact avec eux par le passé, mais qu’il n’avait pas reçu de nouvelles de leur part.

Ugo Fredette, qui campe le rôle d’un tueur de femmes dans Soixante-dix, est accusé du meurtre de Véronique Barbe survenu en septembre dernier à Saint-Eustache, dans les Laurentides. Celui qui est à l’origine de la plus longue alerte AMBER au Québec est également accusé du meurtre d’Yvon Lacasse, un homme à qui il aurait volé sa voiture lors de sa cavale pour fuir la police.