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Légalisation du cannabis: le PQ veut interdire les profits pour l’État

Presence CPE
Photo Simon Clark Le porte-parole péquiste en matière de santé publique et de prévention, Sylvain Pagé

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Le Parti québécois demande au gouvernement Couillard d’inscrire dans la loi sur l’encadrement du cannabis une interdiction de retourner les profits dans les caisses de l’État.

«On souhaite que ce soit écrit dans la loi afin que 100% des profits aillent au financement de la Société québécoise du cannabis, à la prévention et à la promotion des saines habitudes de vie», explique le porte-parole péquiste en matière de santé publique et de prévention, Sylvain Pagé.

Présentement, le projet de loi 157, étudié en commission parlementaire, prévoit que les profits iront dans un Fonds des revenus provenant de la vente de cannabis, qui servira à renflouer la SQC et à la prévention.

«Payer des routes»

Mais Sylvain Pagé craint que ces sommes deviennent un jour trop attrayantes et qu’elles servent à «payer des routes». «Tant que ce ne sera pas inscrit dans la loi, j’aurai toujours un doute», dit-il.

Au Colorado, par exemple, les revenus de la marijuana sont versés dans le fonds consolidé de l’État et servent, notamment, à la construction d’écoles.

Interpellée dans les corridors de l’Assemblée nationale, la ministre déléguée à la Santé publique refuse de s’engager à modifier la future loi, mais ne ferme pas la porte. «On est en consultation. On ne prend pas position maintenant, on écoute, a souligné Lucie Charlebois. C’est prématuré de vous répondre en ce moment.»

Conduite sous influence

Par ailleurs, des données révélées lundi par La Fondation de recherches sur les blessures de la route viennent alimenter le débat entourant la conduite automobile sous l’effet de la marijuana.

L’étude révèle que le nombre de conducteurs qui perdent la vie sur les routes canadiennes après avoir consommé du cannabis ne cesse d’augmenter depuis l’an 2000. Cette année-là, près de 12 % des automobilistes blessés mortellement dans un accident de la route avaient des traces de cannabis dans le sang. Ce pourcentage a augmenté à 19 % en 2014.

Cette tendance est encore plus marquée chez les jeunes. La marijuana a été la drogue la plus détectée chez les conducteurs mortellement blessés âgés de 16 à 19 ans et de 20 à 34 ans (29,8 % et 27,2 %, respectivement).

Le projet de loi de la ministre Charlebois prévoit une tolérance zéro pour la conduite avec les facultés affaiblies par le cannabis. L’application de cette tolérance zéro devra toutefois attendre l’approbation d’un test salivaire efficace pour déterminer la présence de THC dans le sang.

– Avec la collaboration de l’Agence QMI