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Sans un meilleur contrôle des armes à feu, le risque d'un drame existe toujours, dit le CCIQ

Le cofondateur du Centre culturel islamique de Québec, Boufeldja Benabdallah, le maire Régis Labeaume et le président du CCIQ, Mohamed Labidi
Photo Pascal Huot Le cofondateur du Centre culturel islamique de Québec, Boufeldja Benabdallah, le maire Régis Labeaume et le président du CCIQ, Mohamed Labidi

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Tant que la circulation des armes à feu ne sera pas mieux contrôlée au Canada, « nous risquons de revivre le même drame » que celui de janvier 2017 à la grande mosquée de Québec, estime le cofondateur du Centre culturel islamique de Québec (CCIQ).

Extrêmement ému, Boufeldja Benabdallah a lancé un cri d’alarme, lundi après-midi, lors d’une conférence de presse organisée à l’hôtel de ville de Québec. « Des balles ont été tirées par une arme automatique. Dans ce pays, les armes ne devraient pas circuler », a-t-il insisté. Le leader musulman a dit ne pas comprendre que « des armes de guerre » soient permises au Canada. Il a ajouté que les fidèles musulmans ont encore peur en allant prier à la grande mosquée, près d’un an après la tragédie.

Appui de Labeaume

Le maire de Québec a appuyé la revendication de limiter « au maximum » la circulation des armes à feu au pays. Exception faite des activités de chasse « historiques et culturelles », Régis Labeaume estime que la possession des armes doit être « la plus restreinte et la plus sévère possible [...]. On veut zéro arme [...]. Ce n’est pas l’Amérique de Trump [...]. Pourquoi auriez-vous besoin d’une arme chez vous ? »

M. Labeaume a par ailleurs admis que « la communauté musulmane [de Québec] va mal. Elle est en détresse ». M. Benabdallah a acquiescé à ce constat en soutenant que les musulmans de la région ne demandent pas d’accommodements et qu’ils veulent vivre en paix comme leurs concitoyens.

Cérémonies religieuses et rassemblement

Par ailleurs, les détails des commémorations du premier anniversaire de la tuerie ont été rendus publics lundi. Deux cérémonies religieuses ouvertes à tout le monde auront lieu à la grande mosquée de Québec, le 26 janvier, et au Pavillon de la Jeunesse sur le site d’ExpoCité, le 28 janvier. Un rassemblement de solidarité se déroulera à quelques pas du lieu du drame, le lundi 29 janvier, un an jour pour jour après l’attentat.

« En mémoire de nos concitoyens décédés lors de cet événement, j’invite toute la population à participer aux activités de commémoration et à démontrer, une fois de plus, que Québec est une ville inclusive, solidaire et ouverte sur le monde », a lancé le maire Labeaume en disant vouloir que l’hommage soit « sobre ».

Ce qu’ils ont dit

« Il a suffi d’une arme automatique pour faire un carnage »

— Boufeldja Benabdallah, cofondateur du Centre culturel islamique de Québec (CCIQ).

« On parle de la communauté musulmane. Mais ce sont des Québécois. Ce sont des gens qui font partie de notre communauté »

— Jean Rousseau, conseiller municipal de Démocratie Québec.

« L’attentat nous a d’abord montré brutalement à l’œuvre un racisme violent, un terrorisme islamophobe dont on ne croyait pas notre société porteuse »

— Élisabeth Germain, organisatrice du rassemblement commémoratif du 29 janvier 2018.