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Le fédéral saisit son salaire « sauvagement »

Un ex-travailleur d’Aveos n’a pas dit son dernier mot

Stéphane Meunier
Photo Guillaume St-Pierre Le gouvernement fédéral qui réclame plus de 7000 $ à Stéphane Meunier, un ex-travailleur d’Aveos, a commencé le mois dernier à saisir le tiers de son salaire.

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Ottawa aurait « sauvagement » saisi le tiers du salaire d’un père de famille victime de la faillite d’Aveos qui conteste une dette de plus de 7000 $ au fédéral.

« Je vais perdre ma maison, je vais perdre tout ce que j’ai », a raconté hier un ex-travailleur d’Aveos, Stéphane Meunier.

« Ce n’est pas vrai que je vais perdre ma maison à cause du gouvernement. Ce n’est pas vrai. Je ne peux pas accepter ça », a-t-il ajouté en conférence de presse à Ottawa, à l’invitation du Bloc québécois.

Faillite

Le centre de maintenance d’avions, un sous-traitant d’Air Canada, a fait faillite dans la controverse en 2012. Plusieurs attribuent la faute de la fermeture au fédéral.

Le père de trois enfants fait partie des quelque 400 ex-employés d’Aveos pourchassés par le fédéral, qui leur réclame au total 4,5 millions $.

Ce montant constitue l’assurance-emploi que les travailleurs ont touchée dans les semaines qui ont suivi la faillite de l’entreprise. Ottawa estime que les travailleurs doivent rembourser cet argent puisqu’ils ont touché une indemnité de départ plusieurs mois plus tard.

Selon M. Meunier, le fisc canadien a commencé à saisir son salaire le mois dernier à raison de 420 $ par paye.

Ce montant met en péril l’avenir financier de sa famille, selon lui. Même s’il conteste sa dette envers le fédéral, l’homme de 47 ans se dit prêt à payer, quitte à étaler ses paiements sur une plus longue période afin d’être en mesure de joindre les deux bouts.

Or, l’Agence du revenu du Canada ne lui aurait jamais donné cette option, dit-il.

« J’aimerais que le gouvernement soit compréhensif. On ne devrait même pas avoir à payer cette dette-là, peste-t-il. Au pire, qu’ils me donnent l’option de prendre un arrangement avec eux. »

Respect

Fidèle à la position du gouvernement, le ministre de la Famille Jean-Yves Duclos a refusé d’annuler la dette des ex-travailleurs d’Aveos, lorsque questionné par les journalistes et le Bloc québécois, au nom du « respect du processus judiciaire ».

M. Duclos s’est tout de même dit « conscient et sensible » des difficultés qu’ils éprouvent. « Ces travailleurs ont droit au respect de la fonction publique », a-t-il dit lors de la période de questions.