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Musée de la civilisation: Michel Dallaire, 50 ans de création

Les mallettes en plastique ont été le projet le plus simple pour Michel Dallaire.
Photo Didier Debusschère Les mallettes en plastique ont été le projet le plus simple pour Michel Dallaire.

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On a tous déjà été, à un moment dans notre vie, en contact avec un objet pensé par Michel Dallaire. Que ce soit les moniteurs de surveillance pour enfants, des bouteilles d’eau de javel, un trois-skis, les sièges du Centre Bell ou ses fameuses mallettes de plastique, le designer industriel laisse son empreinte dans notre mémoire collective depuis 50 ans.

Bien sûr, la fameuse torche olympique des jeux de 1976 ainsi que le vélo libre-service BIXI font partie de cette nouvelle exposition qui lui est consacrée au Musée de la civilisation, inaugurée mardi.

Michel Dallaire, qui a commencé sa carrière à l’Expo 67, a fait une donation de 150 objets et esquisses en 2013 au musée, aujourd’hui exposés en quatre grandes zones. On entend aussi dans la salle la musique que le créateur écoute dans son atelier. Il est paradoxalement passionné par la musique classique des 17e et 18e siècles, qui contraste avec son travail contemporain.

Volubile, Michel Dallaire, qui a passé sa vie à « débanaliser l’objet sans le dénaturer », a raconté les aléas de chacun de ses projets phares, mardi, devant les médias.

C’est l’idée et un problème qui guident généralement Michel Dallaire vers la création d’un objet. Le meilleur exemple est le BIXI, dont la création a été guidée par l’idée du boomerang. Il crée toujours à partir de la fonctionnalité.

« Mon approche est minimaliste. J’estime que le stylisme, c’est l’ennemi intime du designer. Ça privilégie essentiellement l’apparence. Et moi, jamais je ne crée à partir de critères esthétiques. Je valorise toujours l’usage. »

Son SportRack, conçu en 1987 pour trimballer des skis sur le toit des voitures, et surtout pour s’installer en un rien de temps, a été un de ses objets les plus vendus.

L’inventeur a reçu le mandat de créer le BIXI.
Photo Didier Debusschère
L’inventeur a reçu le mandat de créer le BIXI.

Du crayon à l’ordinateur

Il est beaucoup question dans l’exposition des contraintes de temps, d’argent, de technologies. « Pour imaginer un objet, on doit travailler à l’intérieur de contraintes imposées. C’est pour ça que le design industriel est un art appliqué, ce n’est pas les beaux-arts. »

Michel Dallaire estime avoir passé la moitié de sa carrière à créer avec un crayon, l’autre avec un ordinateur.

« Les dessins faits par ordinateur ont une rectitude absolue. Il y a moins de senti, moins de saveur personnelle. Il y a une banalisation du trait », déplore-t-il.

 Lorsqu’il a vu la torche olympique, le maire de Montréal Jean Drapeau lui a demandé, d’un air déçu, s’il ne pouvait pas recommencer... ce qu’il n’a pas fait.
Photo Didier Debusschère
Lorsqu’il a vu la torche olympique, le maire de Montréal Jean Drapeau lui a demandé, d’un air déçu, s’il ne pouvait pas recommencer... ce qu’il n’a pas fait.

Une année historique

Cette exposition arrive au Musée de la civilisation au terme d’une année historique.

L’exposition Hergé à Québec, qui se terminait le 2 décembre, a permis à l’institution muséale de battre tous les records de son existence. Le musée a accueilli 420 000 visiteurs en cinq mois, un achalandage historique qui lui permet de voir sa fréquentation augmenter de 35 % comparativement à 2016.

L’exposition se déroule du 6 décembre au 28 août 2018.