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Pierre Karl Péladeau plaide pour l’indépendance des médias

Il a expliqué la décision de Québecor de ne pas participer à la coalition de médias

Pierre Karl Péladeau
Photo Stéphane Bouchard Le président et chef de la direction de Québecor Pierre Karl Péladeau lors d’une conférence donnée hier au Cégep de Jonquière. M. Péladeau agissait à titre de président d’honneur du Carrefour de rencontre entre professionnels et étudiants.

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Le président et chef de la direction de Québecor, Pierre Karl Péladeau, a livré un plaidoyer en faveur de l’indépendance des médias québécois devant des étudiants en journalisme du Cégep de Jonquière, le jour même où le gouvernement dévoilait son plan d’aide aux médias écrits.

Pierre Karl Péladeau ne pense pas qu’il soit possible de créer des « murs de Chine » et de conserver l’indépendance des médias s’ils acceptent l’argent du gouvernement.

Il a expliqué la décision de Québecor de ne pas participer à la coalition de médias québécois qui demandent une aide financière étatique pour assurer leur survie, devant une foule composée de la relève médiatique.

« Je trouve ça très délicat. Lorsque vous êtes tributaire ou assujetti à une aide financière, quelque part, je pense que vous avez perdu la liberté qui est la vôtre. Surtout lorsque cette aide financière vient des pouvoirs publics », a-t-il précisé lundi après-midi.

MASSE CRITIQUE

Pierre Karl Péladeau a rappelé l’importance d’avoir ce qu’il nomme une « masse critique » dans les médias pour assurer leur rentabilité.

« Oui, certes, un journal est plus qu’une entreprise, mais c’est aussi une entreprise. C’est une activité, si vous n’êtes pas Radio-Canada ou Télé-Québec, qui requiert du financement, qui requiert une rentabilité. Si vous avez moins de revenus que les dépenses que vous allez encourir, un jour ou l’autre vous allez rencontrer votre Waterloo », a expliqué M. Péladeau.

« La force que nous avons, c’est de pouvoir procurer des informations locales et régionales. Des informations qui nous concernent et qui font en sorte que l’on va continuer d’avoir un public intéressé », a-t-il ajouté pour souligner ce qui fait, selon lui, la force de Québecor.

AIDE GOUVERNEMENTALE

Par ailleurs, le gouvernement Couillard a annoncé lundi un investissement de 36,4 millions $ sur cinq ans pour soutenir la presse écrite.

Cet engagement comprend un nouveau programme d’aide à la transformation numérique des entreprises de la presse d’information écrite (19,2 millions $), un soutien accru aux médias communautaires (5,2 millions $) et un soutien transitoire pour aider les entreprises de la presse écrite à respecter leurs obligations en matière de recyclage (12 millions $).

La ministre de la Culture et des Communications, Marie Montpetit, croit que cette enveloppe permettra aux médias écrits de poursuivre « leur adaptation à l’environnement numérique ».

« Notre gouvernement veut s’assurer qu’une offre d’information diversifiée et de qualité demeure disponible pour tous les citoyens, tout en permettant à la presse d’information de demeurer compétitive », a-t-elle ajouté.

Les différents médias privés auront jusqu’au 15 janvier pour déposer leur projet, un délai que la FPJQ juge assez court.

– Avec l’Agence QMI