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Power inquiète des investisseurs

La firme « a besoin d’une vision nouvelle et d’être menée par quelqu’un d’autre »

Corporation Financière Power, assemblée annuelle.
Photo d’archives Agence QMI Paul Desmarais (à gauche) et André Desmarais (à droite) ont dû se contenter de « seulement » 85 % d’appui, incluant leurs propres votes, alors que Jeffrey Orr (au centre) a été réélu avec une très forte majorité.

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La grogne s’accentue chez certains actionnaires de Power Corporation du Canada. Le journal The Globe & Mail consacrait un long article ce week-end aux sérieux défis rencontrés pour une rare fois pour l’empire de la famille Desmarais.

« Power Corporation vaut maintenant moins que la somme de ses actifs s’ils étaient vendus », se désole Graeme Roustan, un actionnaire militant, qui souhaite que la société se départisse de ses actifs non essentiels.

« Les Desmarais, les actionnaires majoritaires, ne sont pas les mieux placés pour gérer l’entreprise. »

L’homme d’affaires propose à la direction de former un comité au sein de son conseil d’administration pour se pencher sur l’avenir.

Il veut que Power se concentre sur ses activités d’assurances et de services financiers, et vende le reste, dont La Presse, largement déficitaire selon lui.

« C’est un conglomérat hors de contrôle. Power a besoin d’une vision nouvelle et d’être menée par quelqu’un d’autre que les Desmarais », dit-il en entrevue.

Il assure ne pas être le seul actionnaire à penser de la sorte.

Mauvaises nouvelles

La plus récente assemblée des actionnaires du conglomérat, au printemps, à Toronto, a d’ailleurs été plus houleuse que d’habitude.

Alors que les principaux membres de la direction ont été réélus avec de très fortes majorités (98 %, dans le cas du président de la filiale Financière Power, Jeffrey Orr), André Desmarais et Paul Desmarais Jr. ont dû se contenter de 85 % d’appui, incluant leurs propres votes.

Depuis, les mauvaises nouvelles s’accumulent. Malade, André Desmarais a pris un « congé médical temporaire » au printemps. Celui-ci devait s’achever avant la fin de l’année 2017, mais la date du retour au travail n’a pas été annoncée.

La performance de l’action de l’entreprise continue, elle, d’être médiocre, selon les analystes.

Pourquoi ? Une partie de la réponse pourrait se trouver dans les secteurs d’activités, extrêmement nombreux, dans lesquels investit Power.

Principalement composée de sociétés d’assurances et de services financiers (Great-West, Groupe Investors, etc.), elle demeure impliquée en communications (La Presse), mais aussi dans l’énergie verte et le secteur médical (IntegraMed), en plus de participer à différents holdings et fonds d’investissement (Pargesa avec le Groupe Bruxelles Lambert) et Sagard China.

Power Corporation se « concentre sur la création de valeurs à long terme », indique dans un courriel Stéphane Lemay, le vice-président de la société.

« Power a généré un rendement supérieur à celui de l’indice du S&P/TSX, tant sur des périodes à court terme que sur des périodes à long terme, et a distribué à ses actionnaires plus de 5 milliards $ en dividendes au cours des 10 dernières années. »

Il dit que la stratégie de l’entreprise est « bien définie » et profite aux actionnaires depuis de nombreuses décennies.