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Légalisation de la marijuana: les producteurs québécois veulent un appui de Québec

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L’Union des producteurs agricoles demande à Québec d’accompagner les agriculteurs locaux afin de créer une industrie québécoise de production de marijuana.

Pour le moment, le Québec compte seulement deux producteurs autorisés à produire du cannabis médical, contre 44 en Ontario.

«Il faut soutenir les producteurs, comme on le fait dans les autres productions : un soutien financier et un soutien dans l’accompagnement des producteurs», a déclaré mercredi le deuxième vice-président de l’UPA, Martin Caron.

Le syndicat de producteurs agricoles était venu témoigner en commission parlementaire sur le projet de loi 157, qui vise à encadrer la légalisation de la marijuana.

Centres d’expertise

L’UPA n’a pas chiffré l’appui financier nécessaire pour créer une industrie québécoise du cannabis et souligne que plusieurs autres mesures seront nécessaires pour aider les producteurs.

Martin Caron souhaite notamment que Québec investisse dans la recherche. «Ça prend notamment des centres d’expertise pour accompagner les producteurs, comme ça se fait dans d’autres types de production», dit-il.

De plus, l’UPA souhaite que le gouvernement québécois crée une «table filière» qui réunirait les producteurs, transformateurs et distributeurs.

Production québécoise

Sans aide de l’État, la production de cannabis deviendra l’apanage de quelques grandes entreprises, croit Martin Caron. «Si on ne soutient pas les producteurs dans leur ensemble, on va avoir fait le choix d’aller vers des compagnies plus grandes», dit-il.

À terme, l’UPA souhaite que 100% de la marijuana vendue à travers la future Société québécoise du cannabis soit produite au Québec.

La CAQ a d’ailleurs déposé une motion en ce sens au Salon bleu mercredi, mais le gouvernement Couillard a refusé son consentement pour en débattre.

Économie du cannabis

La ministre déléguée à la Santé publique, responsable du projet de loi 157, assure que Québec aidera les producteurs québécois en temps et lieu. «Quand viendra le temps, on va s’activer et on va donner les moyens, mais là, c’est prématuré», affirme Lucie Charlebois.

Toutefois, pas question pour Québec d’utiliser la production de marijuana pour relancer certaines régions dévitalisées. «Ce n’est pas le but du Québec de [créer une] économie du cannabis, souligne Lucie Charlebois. On veut répondre à une demande de cannabis non thérapeutique, mais on ne veut pas en vendre plus.»