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Violence contre les femmes: «Il y a un éveil dans la société», selon Sophie Grégoire Trudeau

Sophie Grégoire Trudeau, épouse du premier ministre du Canada, Justin Trudeau, et Valérie Plante, mairesse de Montréal.
Photo Agence QMI, Dario Ayala Sophie Grégoire Trudeau, épouse du premier ministre du Canada, Justin Trudeau, et Valérie Plante, mairesse de Montréal.

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MONTRÉAL | Sophie Grégoire Trudeau dit ressentir la douleur qui afflige les familles des victimes de Polytechnique Montréal, 28 ans après la tuerie qui a coûté la vie à 14 femmes dans la fleur de l’âge.

«Même si je ne l’ai pas vécu, je peux imaginer la lourdeur, la peine que les familles ressentent toujours et nous comme société», a confié mercredi l’épouse du premier ministre du Canada en entrevue à «100 % Nouvelles» à l’antenne de LCN.

«Ce sont nos filles qui étudiaient avec un avenir prometteur, c’est inacceptable, a poursuivi Mme Grégoire Trudeau. Je pense que de plus en plus, on parle de cette violence qui est fondée sur le sexe, qui est tournée vers la femme, pour plusieurs raisons. Il faut en parler de plus en plus et c’est ce qu’on fait.»

Le magazine «Time» a décerné mercredi le titre de «Personnalité de l'année» aux personnes qui ont «brisé le silence» face au harcèlement sexuel dans l'affaire Weinstein aux États-Unis. Ce mouvement a pris des proportions planétaires et interpelle directement celle qui refuse l’étiquette de «Première dame», se voyant plutôt comme une «femme de tête entêtée».

«Ça me désole d’être obligée de dire qu’elles ont retrouvé leur droit de parole. Je pense que lorsque l’on dénonce des gestes inappropriés et que l’on partage nos histoires de souffrance, [...] il y a un éveil dans la société», a indiqué l'épouse de Justin Trudeau.

«Plus les femmes vont partager ce qui leur arrive et qui leur fait mal, plus on va être capables d’accepter ces histoires-là, d’en parler davantage et de trouver des moyens pour contrer et pour s’assurer que ça se passe de moins en moins avec le temps», a-t-elle ajouté.

Mme Grégoire Trudeau revient sur l’importance de l’éveil collectif face à la violence faite aux femmes et aux filles. «Que ce soit de manière subtile, par un commentaire ou des commentaires sur les réseaux sociaux, qui ne sont parfois pas subtils du tout, par la représentation des femmes dans la société, dans les magazines, à la télé ou encore les femmes victimes de violence conjugale...»

Les garçons devront aussi être inclus dans le questionnement, estime-t-elle, dans la façon de «faire valoir la femme et comment l’encenser dans toute sa splendeur, son intelligence, sa beauté. Et que les filles peuvent devenir des êtres humains libres, comme les garçons et les hommes sur la planète, pour pouvoir contribuer le plus à la société», a-t-elle dit, en précisant que les coûts associés aux agressions sexuelles et à la violence conjugale se chiffrent en milliards annuellement au Canada.

«Il faut qu’on se réveille», a conclu la mère de trois enfants, qui est très impliquée dans la cause des femmes. «Et je vais m’y dévouer jusqu’à mon dernier souffle», a dit la femme de 42 ans.