/sports/opinion/columnists
Navigation

Jean Pascal se bat à Chibougamau !!!

Jean Pascal
Photo Mathieu Boulay Le combat de Jean Pascal va avoir lieu dans un ring monté sur une ancienne piste de courses de chevaux...

Coup d'oeil sur cet article

MIAMI | Mes amis de Chibougamau me pardonneront, moi qui me suis battu tout jeune pour qu’ils aient leur route asphaltée vers Saint-Félicien.

Mais hier avant-midi, j’ai rajeuni de 40 ans. Mathieu Boulay conduisait sa luxueuse voiture de location sur un boulevard plate à dépérir passé l’aéroport de Miami et j’étais un peu dans la lune. En fait, je me retrouvais sur la rue principale de Chibougamau à l’époque du blocus. Je me suis secoué en me disant que j’exagérais. Ça ne se pouvait pas que je me retrouve encore à Chibougamau. Pas deux fois...

Il y a deux ans, j’étais allé couvrir un combat de Kevin Bizier dans un casino amérindien à une demi-heure de Hialeah. Et j’avais trouvé que la grande tente du casino me rappelait la salle municipale de Chibougamau. Encore une fois avec mes excuses. Chibougamau a dû changer en 40 ans. J’ai demandé à Mathieu comment il trouvait l’environnement : « Disons que Laval a l’air de Las Vegas à côté de ça », a-t-il répondu en écoutant une chanson de Johnny Cash. Tant qu’à être à Chibougamau...

UN CONTRAT DE 25 000 $

Mais que vient faire Jean Pascal dans ce qui va ressembler à un pacage à vaches pour ce combat ? Pour 25 000 $ US ? Ça n’a pas de maudit bon sens. Rien n’a du sens dans cette histoire qui prend des allures d’épopée.

On se retrouve avec une équipe de RDS et deux journalistes du Journal à Miami, un reporter de TVA coincé à La Guardia à New York et le boxeur dans un avion qui s’en vient de Philadelphie. La pesée a lieu aujourd’hui à 17 heures et Jean Pascal a encore beaucoup de poids à perdre.

Tout ça pour 25 000 $ ? Ça ne tient pas la route. Le 25 000 $, j’ai attendu trois jours pour en obtenir la confirmation. Effectivement, le contrat déposé à la commission de boxe de Miami stipule que Jean Pascal touchera 25 000 $ pour sa finale au réseau Fox Sports One.

Le gars a touché une dizaine de chèques de plus d’un million en carrière et il aurait accepté cette bourse de boxeur fini ? Et son conseiller Greg Leon aurait accepté le marché ? Encore une fois, ça ne se peut pas. Faut qu’il y ait un deuxième contrat quelque part signé avec PBC ou avec Al Haymon.

Ça arrive au Québec où Adonis Stevenson touche une dizaine de mille dollars pour son contrat avec la Régie et plus d’un million selon un contrat signé dans l’état du Nevada. Mais vérification faite, les impôts sont payés au Québec et au Canada et personne ne s’offusque trop de la situation.

Et toujours selon mes sources consultées lors d’une conférence de presse surréaliste tenue alors qu’un des finalistes, l’ancien champion du monde, attendait un vol vers Philadelphie, Jean Pascal n’a pas de garantie sur les revenus de la télévision payante au Québec : « Mais si les revenus sont suffisamment importants, PBC et Al Haymon vont faire quelque chose pour Pascal », m’a expliqué un branché connecté sur le 220.

Comme cette aventure invraisemblable est en train d’enflammer les amateurs de boxe, Jean Pascal a des chances d’arrondir sa fin de mois avec Indigo.

UN CHAMP DE VACHES

Leon Margolis est le promoteur du casino de Hialeah. Pas de Jean Pascal ni de Ahmed Elbiali. Tout a été négocié et organisé par PBC. Tom Brown au moins ne touchera pas un sou de la bourse de Pascal. C’est déjà ça.

La conférence de presse, Mathieu vous la raconte. Mais je veux que vous sachiez que les boxeurs vont se battre dans un ring monté sur une ancienne piste de courses de chevaux. Et les spectateurs vont s’asseoir dans de vieux sièges des sections populaires. À l’extérieur. On conseille aux Québécois qui vont venir assister au combat de s’apporter une petite laine, les soirées peuvent être fraîches à Chibougamau.

Mais on leur conseille surtout d’apporter un petit sac de plastique pour étaler sur le banc. Une enquête approfondie menée par les envoyés spéciaux du Journal a révélé que les pigeons ou les coyotes ont choisi ces estrades pour évacuer le trop-plein de graines. Autrement dit, hier, y’avait de la marde.

Mais pas sur la piste. Les dernières courses de chevaux sur cette piste remontent au mois de mars : « Et c’était des courses avec seulement deux chevaux, et la saison n’a duré qu’un mois », nous a expliqué le responsable du stationnement. Il était heureux de nous rencontrer. La luxueuse voiture de location du Journal était la seule de la journée pour le service de voituriers.

En passant, une course à deux chevaux permet de grandes réflexions. Tu peux terminer avant dernier et être heureux ou finir bon deuxième et être désolé.

Je ne souhaite qu’une chose. Que Jean Pascal ait pu se reposer la nuit dernière, qu’il puisse transpirer un bon coup aujourd’hui et que le gars de TVA ne soit pas rendu à Charlotte en Caroline du Sud...

La pesée a lieu à 17 heures. D’après vous, Jean Pascal va-t-il être de bonne humeur à 17 h 10 ?

DANS LE CALEPIN

Précision : Laurent Poulin œuvre à Boxingtown...

Mince et de bonne humeur

On ne reconnaît plus Jean Pascal. Il était de belle humeur quand il est arrivé au Don Shula Hotel, passé 20 heures. Affamé, fatigué, mais de bonne humeur.

Il a donné un point de presse et a répondu aux questions des journalistes. En protégeant le promoteur du combat et Al Haymon, celui qui est derrière ce gala avec PBC et le réseau américain Fox Sports One.

Mais tous ceux qui se demandent comment il peut avoir accepté de faire une finale pour 25 000 $ dans pareilles conditions, ne sont pas dupes. Jean Pascal ne dit pas un mot à ce sujet, mais plusieurs témoignages confirment l’information. Il y a le contrat officiel de 25 000 $, mais il y a aussi des sommes d’argent qui seront versées à Pascal pour ce combat. Et on ne parle pas d’une participation aux profits de la télévision payante au Québec.