/news/politics
Navigation

Le débat sur la compensation salariale des députés tourne au vinaigre

Le leader parlementaire libéral, Jean-Marc Fournier
Photo d'archives, Simon Clark Le leader parlementaire libéral, Jean-Marc Fournier

Coup d'oeil sur cet article

Le débat sur une hausse de salaire des députés de 5000 à 10 000 $ pour compenser la future imposition de leurs allocations de dépenses par le fédéral a tourné au vinaigre.

Québec solidaire dénonçait jeudi dans Le Journal des manœuvres «en catimini» à l’Assemblée nationale pour augmenter le salaire des élus afin de protéger leur pouvoir d'achat. En journée, le leader parlementaire Jean-Marc Fournier a lui aussi indiqué que le PLQ rejetait cette proposition, et affirmé que c’est la CAQ qui militait pour une augmentation salariale.

«Nous ne serons pas les instigateurs de cette démarche, on va laisser ça à la CAQ. J’ai compris que les gens de la CAQ au bureau de l’Assemblée nationale étaient d’accord pour augmenter les salaires [...]Je pense qu’ils ont comme un double langage», a-t-il déploré.

«Plutôt que de demander aux députés d’aller faire ça derrière les portes closes à la va-vite, par eux-mêmes, pourquoi est-ce qu’on n’utilise pas la règle d’un comité indépendant», a-t-il lancé. «Je n’entrevois absolument pas sur mon écran radar une loi au printemps à ce sujet», a-t-il ajouté.

Cette sortie n’a pas été digérée par son collègue député libéral François Ouimet, vice-président de l’Assemblée nationale et président de la commission des conditions de travail des députés, qui a tenu un point de presse pour «rétablir les faits» : l’élu libéral Patrick Huot, qui siège sur le comité, a appuyé le projet.

«Des mesures correctives devraient être adoptées avant la prochaine législature», a expliqué M. Ouimet. Il a déploré l’usage du mot «catiminis» par Manon Massé. Il a toutefois reconnu que la proposition du dépôt et de l’adoption en toute vapeur d’un projet de loi au dernier jour de la session parlementaire, décrié par QS, faisait partie des scénarios envisagés.

M. Ouimet a par ailleurs été incapable de donner un autre exemple de mécanisme qui permettrait de protéger le pouvoir d’achat d’un travailleur à la suite de l’imposition d’une taxe ou d’un impôt.

En journée, les élus de la CAQ ont de leur côté défendu le principe d’une hausse salariale pour compenser l’imposition de leurs allocations de dépense par le gouvernement fédéral, une mesure annoncée en mars dans le budget Morneau. «Quand on vient en politique, on fait des sacrifices, on n’est pas prêt à avoir des baisses salariales», a affirmé le député Donald Martel, qui siège sur le comité du BAN. Même son de cloche pour Éric Caire : «Est-ce que je suis d’accord pour qu’on coupe ma paye en plein exercice de mon mandat : non je ne suis pas d’accord», a-t-il dit.

De son côté, le chef péquiste Jean-François Lisée a lui aussi indiqué qu’il était favorable à un ajustement salarial compensatoire pour les élus.