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Le Maurice intéresse Montréal

Des groupes d’affaires de la métropole, mais aucun de Québec, lorgnent la défunte boîte de nuit

Le Maurice intéresse Montréal
Photo d'archives Pascal Huot

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Depuis sa fermeture qui a fait grand bruit la semaine dernière, le Maurice Night Club n’attire aucun investisseur de Québec, alors qu’au moins quatre groupes d’affaires de Montréal se seraient manifestés jusqu’à maintenant, selon le propriétaire de l’immeuble.

« Je ne pourrai pas refuser une offre qui est novatrice et flyée, mais c’est certain que j’aimerais que ça reste à Québec », indique Denis Pelletier, sans toutefois nommer les investisseurs intéressés au complexe de boîtes de nuit, situé sur Grande Allée. « À Québec parfois, nous sommes défaitistes, mais il y a tellement de gens de talent ici qui réussissent à faire beaucoup avec peu », estime-t-il.

Denis Pelletier admet qu’une importante porte se ferme avec la disparition du Maurice Nightclub et du Charlotte sur Grande Allée à Québec, mais il est d’avis que de nouveaux investisseurs sauront donner un nouveau souffle à ce « site prestigieux, réputé pour être un endroit de nuit », sur l’artère festive de la ville : « Ça prend du renouveau, un projet flyé ».
Photo Didier Debusschère
Denis Pelletier admet qu’une importante porte se ferme avec la disparition du Maurice Nightclub et du Charlotte sur Grande Allée à Québec, mais il est d’avis que de nouveaux investisseurs sauront donner un nouveau souffle à ce « site prestigieux, réputé pour être un endroit de nuit », sur l’artère festive de la ville : « Ça prend du renouveau, un projet flyé ».

Concept novateur

M. Pelletier affirme être ouvert à toutes sortes d’idées pour relancer la discothèque de deux étages munie d’un système de son estimé à 300 000 $, pourvu qu’elles conservent l’esprit de boîte de nuit et soient créatrices. Il refuse toutefois de chiffrer la location de ses locaux, évalués à 5,3 M$ par la Ville.

« Il y a une fenêtre extraordinaire actuellement, il n’y a plus de compétition ! Et les jeunes, si tu offres un produit, une expérience, ils vont venir, ils vont trouver une solution », estime l’homme d’affaires, qui se dit aussi ouvert à investir avec les futurs opérateurs pour transformer et moderniser l’endroit. Selon lui, le meilleur scénario serait une réouverture en avril, à temps pour la prochaine saison estivale.

Même si des rénovations de plus d’un million de dollars ont été effectuées il y a à peine trois ans, M. Pelletier estime que tout est maintenant à recommencer. « Tout ce qu’on voit maintenant, ça n’existera plus. Certaines choses pourraient rester, pour être retravaillées, mais le Maurice et le Charlotte, c’est fini, on ne peut plus revenir en arrière », fait-il savoir.

Le Maurice intéresse Montréal
Photo Didier Debusschère

« Les night-clubs ne sont pas morts »

Malgré les récentes fermetures de plusieurs discothèques à Québec, dont le Liquor Store, l’Ozone du boulevard Laurier et le Beaugarte, M. Pelletier persiste et signe. « Les night-clubs ne seront jamais morts dans le monde ni à Québec. Oui, il y a eu des crises et c’est comme ça partout, mais c’est reparti, c’est un cycle », indique celui qui a exploité la boîte pendant près de 20 ans et qui est propriétaire de la bâtisse qui abrite celle-ci depuis 14 ans.

Selon lui, la Grande Allée est sur le point de se renouveler. « À Québec, nous sommes toujours à la fin des tendances. Il y a huit ou neuf ans, les clubs de Las Vegas fermaient aussi, mais ils se sont réinventés et maintenant, c’est plein », mentionne M. Pelletier.

« Dans l’histoire du monde, il y a toujours eu des night-clubs et il y en aura toujours. Et le site ici, la bâtisse, c’est un endroit de vie de nuit », poursuit celui qui se dit convaincu que « les gens de Québec veulent un night-club à Québec, mais qui a quelque chose de nouveau à offrir ».

M. Denis ne voit par ailleurs aucun problème à ce que le restaurant voisin du défunt Maurice soit toujours exploité par Carl Denis, ancien directeur de l’établissement. « Ce sont deux domaines complètement différents », précise-t-il.

Des souvenirs et des visiteurs de marque

Mick Jagger au Charlotte en 1998.
Courtoisie
Mick Jagger au Charlotte en 1998.

Mick Jagger

Denis Pelletier se rappelle en 1998 : lors de la crise du verglas, le chanteur des Rolling Stones Mick Jagger est débarqué au Maurice pour faire la fête. « Il arrivait avec son chauffeur, il s’en venait veiller. À l’époque, les dimanches, c’est plus de la musique house, mais il m’a dit, même en français parce qu’il se débrouillait très bien, qu’il préférait le funk. Ça n’a pas été trop long qu’on a fait une soirée funk ! Je le vois encore, il a lancé son veston ! Et les gens, quand ils réalisaient que c’était Jagger, ils figeaient et arrêtaient de danser ! »

David Copperfield

« Le magicien David Copperfield était un gros client quand il venait. Il commençait au Voodoo et ensuite au Maurice, il venait régulièrement lorsqu’il venait à Québec. »

Bill Murray

« Je me rappelle il y a près de 15 ans, c’était le jour de l’An et j’étais derrière le bar tellement il y avait du monde. L’acteur américain Bill Murray est arrivé. Il dormait au Château Frontenac et il avait décidé de venir à pied ! Il devait faire -35 degrés. Quand je me suis retourné, j’avais déjà quelques bulles dans le corps, il était dépassé minuit, mais je n’en croyais pas mes yeux. Je lui ai servi un cognac et j’ai dit “Happy New Year !” »

Luc Plamondon

« Avant d’ouvrir le Charlotte, nous avions décidé de faire un party pour le préparer. Donc, nous avions aménagé la place avec des vieux divans et donné des lampes de poche à tout le monde, parce qu’il n’y avait pas d’électricité. Je me souviens de Luc Plamondon qui y était. Il avait gardé ses lunettes fumées, mais à la fin de la soirée, les lumières n’éclairaient plus beaucoup, il était passé par-dessus un divan ! On avait ri ! »