/entertainment/shows
Navigation

Pierre Lapointe à la salle Octave-Crémazie: un spectacle ambitieux et raffiné

Pierre Lapointe a offert un spectacle sous le signe du raffinement et de l’ingéniosité, au grand plaisir de ses admirateurs réunis au Grand Théâtre.
Photo Annie T Roussel Pierre Lapointe a offert un spectacle sous le signe du raffinement et de l’ingéniosité, au grand plaisir de ses admirateurs réunis au Grand Théâtre.

Coup d'oeil sur cet article

« C’est un show vraiment déprimant », a-t-il averti d’entrée de jeu. C’était faux. Oui, Pierre Lapointe chante des chansons tristes. Mais son récital de jeudi, dans la salle Octave-Crémazie du Grand Théâtre, était baigné de lumières et traversé d’une beauté qui réchauffait les cœurs au lieu de leur donner le cafard.

Album phare de la dernière année musicale au Québec, son ambitieux et orchestral La science du cœur a eu droit à un transfert vers la scène sous le signe du raffinement et de l’ingéniosité.

De l’ingéniosité, il en fallait pour que les nouvelles pièces, dont certaines ont été enregistrées avec d’imposantes sections de cordes, gardent leur identité étant donné que Lapointe avait opté pour une formule trio.

Talent et émotions

Là est intervenu tout le talent du pianiste Philip Chiu et de João Catalão, au marimba. Ils ont rendu avec une épatante dextérité les arrangements parfois complexes de titres comme Mon prince charmant ou Alphabet. Et que dire de Sais-tu vraiment qui tu es, époustouflante de solennité.

Côté raffinement, il faut souligner cette couronne de tiges lumineuses qui encerclaient les musiciens et changeaient de couleurs au gré des rythmes.

Il faut surtout soulever les interprétations à fleur de peau de Pierre Lapointe. En parfaite maîtrise pendant Les sentiments humains, alors que Catalão alternait avec brio entre douceur et montées en puissance, intense sur Je déteste ma vie, il était émouvant dans Pointer le nord.

S’il était nerveux en ce soir de première à Québec, c’est vers la fin que ça s’est manifesté. Il s’est rendu coupable de deux faux départs sur Naoshima et il a récidivé lors du premier couplet de Zoplicone.

Mais Lapointe, impayable pince-sans-rire, a récupéré sa bévue en une phrase qui a déclenché les rires. « Ça ne paraît pas, mais je suis un professionnel. »

« Du vol »

Une fois le concert terminé, Pierre Lapointe s’est longuement attardé sur scène pour discuter avec le public, resté nombreux. Il en a profité pour dénoncer les « Spotify, les iTunes, les YouTube de ce monde qui ne nous donnent pas de retour sur notre argent alors qu’ils exploitent notre matériel ».

« C’est du vol », a-t-il tranché, en rappelant que Je déteste ma vie lui a rapporté un maigre 600 $ pour un million d’écoutes sur Spotify.