/news/politics
Navigation

Premières nations : un manque à gagner de 3,2 milliards $ pour l’accès à l’eau potable

Bloc eau potable
Photo fotolia

Coup d'oeil sur cet article

OTTAWA – Le fédéral devra investir 3,2 milliards $ additionnels s’il veut vraiment assurer l’accès en eau potable sur les réserves autochtones tel que promis en 2015, estime le Directeur parlementaire du budget (DPB).

Dans un rapport publié jeudi matin, le chien de garde des finances gouvernementales calcule qu’il faudrait investir 1,8 milliard $ dans l’approvisionnement et 1,4 milliard $ sur le traitement des eaux usées, notamment pour remplacer des infrastructures défaillantes.

À l’heure actuelle, Ottawa prévoit dépenser 1,8 milliard $ jusqu’en 2020-2021 pour cet enjeu. Le DPB croit que le fédéral sous-estime largement les dépenses nécessaires, et que celles-ci devraient plutôt s’établir à environ 5 milliards $.

Ces investissements serviraient à garantir dans les réserves des services «comparables à ceux des collectivités non autochtones de même taille, et pour que les avis d’ébullition de l’eau à long terme soient éliminés d’ici 2020».

Il y a 147 avis d’ébullition en vigueur dans les communautés autochtones du pays. Il y en avait 133 lors de l’arrivée au pouvoir des libéraux.

«Le rapport met en lumière l’ampleur du travail qui nous reste à faire», a reconnu la ministre des Services aux autochtones, Jane Philpott, en point de presse jeudi après-midi, sans préciser si son gouvernement investirait le montant de 3,2 milliards $ identifié par le DPB.

Sur les 147 avis d’ébullition, la ministre s’engage à faire lever d’ici mars 2021 tous ceux qui sont des avis à long terme et qui frappent des systèmes financés par le public. On en compte 67 à l’heure actuelle. Certains des 1500 systèmes d’eau sur les réserves au pays appartiennent à des entreprises privées, comme des stations-service.

Pour le Nouveau Parti démocratique, Ottawa doit immédiatement réinvestir pour assurer le respect du droit fondamental à l’eau potable. «On se rend compte qu’il n’y a pas de plan. C’est inacceptable qu’on soit dans cette situation en 2017», a déploré le député Roméo Saganash, rappelant que les besoins sont énormes en termes de maintenance, de formation de techniciens et de vérification de la qualité de l’eau.