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Risque de récidive pour un collusionnaire

Un ex-dirigeant de la firme CIMA+ a tardé à collaborer

GEN
Photo d’archives, MARTIN ALARIE Louis Farley faisait partie des 37 personnes arrêtées dans l’opération Honorer menée par l’UPAC. Il a plaidé coupable cet été de fraude, complot et corruption.

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Le chef des enquêtes du syndic de l’Ordre des ingénieurs n’écarte pas un risque de récidive pour un ex-v.-p. de la firme de génie CIMA+ impliqué dans la collusion à Laval et Saint-Jérôme.

Louis Farley dirigeait les opérations de CIMA+ à Saint-Jérôme entre 2002 et 2008, puis à Laval en 2008 et 2009. C’est entre autres avec lui que communiquaient les directions des services d’ingénierie des deux Villes pour faire fonctionner le partage illégal des contrats publics.

M. Farley a aussi autorisé son entreprise à faire de la fausse facturation afin de payer en argent comptant la ristourne de 2 % exigée par le parti de l’ex-maire de Laval Gilles Vaillancourt.

Possible radiation

L’ingénieur, condamné en juillet au criminel à une peine de deux ans moins un jour à purger dans la communauté, risque désormais une radiation de 20 mois de son Ordre, ainsi qu’une amende de 25 000 $.

Même s’il appuie cette recommandation de sanction, le chef des enquêtes du syndic de l’Ordre, Bernard Pelletier, n’est pas certain de la volonté de M. Farley de ne plus reproduire ses mauvaises pratiques.

« Je pense que [sa sentence au criminel] lui a donné une leçon, mais je ne peux pas affirmer hors de tout doute qu’il ne récidivera pas parce qu’il n’a pas voulu me rencontrer », explique M. Pelletier.

M. Farley avait déjà été radié temporairement par son ordre entre juillet 2015 et mars 2016 pour avoir refusé de collaborer à l’enquête du syndic.

M. Pelletier dit toutefois avoir eu quelques échanges avec M. Farley, mais au cours de ceux-ci, il affirme ne pas avoir entendu le mot « regret » et ne pas avoir senti de repentance de sa part.

Refus justifié

Pour l’avocat de l’ingénieur, Jean-Claude Dubé, le refus de son client de parler au syndic était justifié puisqu’il était également poursuivi au criminel.

« On sait que les enquêteurs des ordres professionnels parlent avec les enquêteurs de la police. C’est pour ça que M. Farley n’a pas souhaité répondre aux questions de son ordre », assure Me Dubé.

Selon l’avocat, le plaidoyer de culpabilité de son client prouve sa bonne foi. « Quand un homme reconnaît ses torts, on n’a pas affaire à un récidiviste », dit-il.

Me Dubé a également insisté sur « l’avenir professionnel entaché » de M. Farley qui souhaite rester membre de l’Ordre des ingénieurs. « Ce sera très difficile pour lui de redevenir vice-président d’une grande firme de génie », insiste Me Dubé.

M. Farley n’a pas souhaité répondre à nos questions.

Qui est Louis Farley ?

♦ L’ingénieur est responsable des grands projets de CIMA+ à Saint-Jérôme de 2002 à 2008, puis à Laval de 2008 à 2009.

♦ En 2013, il est arrêté par l’UPAC, en même temps que l’ex-maire Vaillancourt et l’homme d’affaires Tony Accurso.

♦ Il quitte CIMA+ en 2014 avec 1,55 M$, mais exige dans une poursuite 2,7 M$ de plus pour le rachat de ses parts.

♦ En 2015, il donne un immeuble d’une valeur de 1,26 M$ à une fiducie dont lui et sa femme sont bénéficiaires.

♦ En 2016, il demande en vain l’arrêt des procédures contre lui en raison des délais de justice.