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Des traversiers «verts» pas si économiques que ça

Le NM Peter-Fraser
Photo d'Archives Le NM Peter-Fraser

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Les économies en carburant espérées avec les nouveaux navires biénergie chèrement payés par la Société des traversiers du Québec (STQ) ne semblent pas au rendez-vous, déplore la Coalition avenir Québec (CAQ).

Il y a quatre ans, la STQ a payé le gros prix pour se procurer le NM Peter-Fraser, un traversier alimenté au diesel et à l’électricité. Le navire construit à Gaspé en 2012-2013 a coûté 10,2 M$ aux contribuables. À cela s’ajoutent 750 000 $ en travaux d’adaptation des quais à l’île Verte, où le traversier est en service sept mois par année.

« Gaspillage »

Accusée par des experts maritimes de faire « du gaspillage de fonds publics », la société d’État avait avancé à l’époque que ce nouveau « joyau » hybride permettrait de réaliser des « économies substantielles » en carburant.

Or, des données obtenues par la CAQ révèlent que le coût annuel en carburant du traversier hybride de l’île Verte (54 000 $ l’an dernier) se rapproche de celui du traversier au diesel de Montmagny–l’Isle-aux-Grues (57 500 $), dont la construction remonte à 1980 et qui peut transporter quatre fois plus de passagers, sur une distance similaire.

« Le système biénergie, c’est finalement de la poudre aux yeux, puisqu’il coûte aussi cher qu’un vieux navire au diesel », a constaté le député caquiste Donald Martel.

Même chose à Matane

Les économies ne semblent pas non plus au rendez-vous à Matane, où le F.-A. Gauthier, un traversier italien biénergie (diesel/GNL) de 175 M$ en service depuis 2015, coûte aussi cher à alimenter que son prédécesseur, le NM Camille-Marcoux, un navire au diesel construit en 1974 qui a été envoyé au recyclage en mars dernier.

Lors de la dernière année de service du Camille-Marcoux, la STQ avait déboursé près de 5 M$ en carburant. L’an dernier, la STQ a dépensé presque autant pour alimenter le F.-A. Gauthier.

Impossible, toutefois, de savoir précisément combien coûte le F.-A. Gauthier en GNL et en diesel. La STQ n’a fourni que le montant regroupant la dépense en diesel et en GNL.

« De nombreux facteurs doivent être pris en compte dans ce type de comparaison, dont particulièrement la puissance de motorisation, le tonnage et la capacité véhiculaire, il s’avère donc périlleux de procéder à de telles analyses », a commenté Vicky Boivin, conseillère en communication à la STQ.