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Faire la différence en santé

Elle quitte son emploi d’infirmière pour créer sa propre agence de placement de personnel

« Je ne savais pas dans quoi j’embarquais ! », a déclaré Isabelle Lechasseur, fondatrice de Harfang Santé et cofondatrice d’Infirmia.
Photo Jean-François Desgagnés « Je ne savais pas dans quoi j’embarquais ! », a déclaré Isabelle Lechasseur, fondatrice de Harfang Santé et cofondatrice d’Infirmia.

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On dit des Isabelle que ce sont des femmes qui n’hésitent pas à rendre service aux autres et à leur porter secours. Cela définit à merveille Isabelle Lechasseur de Québec, une infirmière bachelière ayant tourné le dos au système de santé public pour fonder sa propre agence de placement de personnel dans le milieu de la santé.

Présidente de Harfang Santé, Mme Lechasseur a quitté un emploi régulier de soir après quatre ans à combler les besoins à l’urgence de l’Hôtel-Dieu de Québec. Toutefois, ce n’est pas l’horaire qui l’a incitée à quitter son emploi, mais plutôt son incapacité à faire bouger les choses.

Au lieu de rentrer dans le moule, elle a choisi de renoncer au salaire de 65 000 $ par année ainsi qu’au fonds de pension et autres avantages, pour mettre à profit ses idées novatrices en fondant Harfang Santé, en 2011, et plus tard, Infirmia, un réseau de cliniques privées donnant un accès direct à des infirmières praticiennes spécialisées.

« Quand on décide de quitter ces avantages-là, c’est parce qu’on croit à notre projet et que l’on est convaincue que l’on peut faire une différence dans la vie des gens. C’est comme sauter dans le vide, car je n’avais aucune certitude que ça marcherait. Cela m’a pris quatre ans pour retrouver le même salaire », a-t-elle confié.

« C’est ma grand-mère qui m’a donné le goût d’étudier en soins infirmiers, mais quand je suis arrivée dans le système public, j’ai été confrontée assez rapidement à plusieurs irritants. C’est vraiment difficile d’apporter un changement. C’est une approche très centrée sur le médecin. »

Frustrations

« Quand je travaillais à l’urgence, j’étais capable de gérer 60 % de ma salle d’attente, mais je ne pouvais pas parce que le médecin doit voir absolument le patient au Québec. Je ne pouvais pas, par exemple, donner un vaccin même si j’ai toute l’autonomie pour le faire », a affirmé Mme Lechasseur lors d’une rencontre avec Le Journal.

Ces frustrations se sont rapidement transformées en projet d’affaires.

« J’ai toujours été dynamique et fonceuse avec plein d’idées. Apporter un changement dans une pyramide hiérarchique, c’est long, c’est difficile. J’avais une vision d’ouvrir une clinique où l’on reçoit des gens avec des problèmes de santé mineurs », a-t-elle partagé.

Réveil brutal

Un jour, Mme Lechasseur a eu l’occasion de se porter candidate pour un poste d’assistante-infirmière-chef à l’hôpital.

« C’est la goutte qui a fait déborder le vase. J’avais les compétences, mais à la fin du processus, ils ont tranché, selon l’ancienneté. C’est une infirmière technicienne qui a eu le poste. J’ai trouvé cela difficile. »

De là est née sa première entreprise, Harfang Santé, dont la mission est de placer du personnel infirmier et d’offrir des services à domicile. Près de 150 personnes travaillent pour Mme Lechasseur. Elle compte parmi ses clients des résidences privées pour aînés et des CHSLD. La maternité est arrivée en même temps que son projet d’entreprise.

« C’est une gestion des priorités. Quand je vois la différence que l’on fait dans la vie des gens, je trouve cela gratifiant. C’est cela qui m’a permis de persévérer. Je vous avoue que les quatre premières années ont été les plus difficiles. »

Isabelle veut doubler la taille de Harfang Santé et elle aimerait ajouter trois nouvelles cliniques par année à son réseau Infirmia qu’elle a cofondé avec un partenaire d’affaires, David Tremblay-Deschênes.

Isabelle Lechasseur, 34 ans

2009 : Diplômée en sciences infirmières de l’Université Laval ;

2016 : Prix de la Jeune Personnalité d’affaires (catégorie Services professionnels) de Québec ;

2017 : Jeune Professionnelle du Québec au Concours provincial ARISTA ;

2017 : Exécutive de l’année aux Grands Prix de la relève d’affaires du Québec (RJCCQ)

UNE DE MES MEILLEURES DÉCISIONS:

« C’est d’avoir démarré ma première entreprise avec ni argent ni connaissance de l’entrepreneuriat et d’avoir réussi à l’amener, après 5 ans, à une notoriété et crédibilité qui la situe au top du marché. »

UNE DE MES PIRES DÉCISIONS

« Je suis allée à tâtons dans le choix de certains fournisseurs au début. J’ai été obligée de faire refaire toute la comptabilité au complet. Cela coûte cher déconstruire et reconstruire. »