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Pauvreté au Québec: un revenu minimum instauré

Les personnes inaptes au travail verront leurs prestations haussées de 5200$ d’ici 2023

François Blais, ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, a remis au premier ministre Philippe Couillard un exemplaire dédicacé du livre qu’il a écrit en 2001 alors qu’il était professeur de sciences politiques : <i>Un revenu garanti pour tous</i>.
Photo Daniel Mallard François Blais, ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, a remis au premier ministre Philippe Couillard un exemplaire dédicacé du livre qu’il a écrit en 2001 alors qu’il était professeur de sciences politiques : Un revenu garanti pour tous.

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Le gouvernement Couillard a dévoilé dimanche son plan de lutte contre la pauvreté qui prévoit des investissements de près de 3 milliards de dollars d’ici 2023. Il introduit la notion de revenu de base pour les personnes ayant des contraintes sévères à l’emploi, ce qui devrait leur permettre de sortir de la pauvreté en six ans.

Le plan d’action comprend 43 mesures qui visent notamment à sortir 100 000 personnes de la pauvreté. Actuellement, le gouvernement considère qu’un peu plus de 800 000 Québécois ont un revenu inférieur au seuil de la pauvreté, qui est évalué à 18 012 $ par année pour une personne seule.

Le revenu minimum est introduit pour les prestataires de la solidarité sociale ayant des contraintes sévères à l’emploi depuis au moins 66 mois au cours des six dernières années. Une personne seule verra ses revenus augmenter d’environ 880 $ par année pour chacune des six années du plan. Cette personne, qui a reçu 12 749 $ en 2017, percevra 18 029 $ en 2023, avant indexation, un peu plus que le seuil de pauvreté.

Le premier ministre Philippe Couillard a déclaré vouloir changer la loi actuelle d’ici la fin de son présent mandat afin de permettre l’instauration du revenu minimum.

François Blais, ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, a indiqué que ces changements touchaient le relâchement des contrôles, la possibilité de cohabiter sans pénalité et de garder une part plus importante d’éventuels revenus d’emploi. « C’est un véritable revenu socle en faveur des personnes aux prises avec des difficultés insurmontables », a dit M. Blais. Ce programme représente 1,25 des 3 milliards injectés.

Mesures incitatives

L’aide financière de dernier recours, pour les personnes aptes au travail, sera légèrement améliorée. L’effet final pour une personne seule sera de 540 $ annuellement en 2021.

Dans le contexte de rareté de main-d’œuvre, le gouvernement préconise des mesures incitatives à l’emploi. Il hausse le seuil d’exemption mensuel de revenus de travail (de 100 $ à 200 $ pour une personne seule), instaure un supplément au revenu, modifie le calcul de la contribution parentale et bonifie les primes au travail.

Il accorde aussi un boni de maintien de l’emploi de 1000 $, reconnaît le statut d’adulte à l’enfant majeur qui effectue son secondaire et dont les parents sont bénéficiaires et exclut les dons mensuels jusqu’à concurrence de 100 $.

Le ministre Blais a aussi réagi à la mise en place de la loi 70, le 1er avril, qui forcera les bénéficiaires d’une première prestation à rencontrer un agent. « On veut que les prestataires viennent nous voir pour les accompagner. Tous les pays sociaux-démocrates utilisent ce type d’instrument. »

Réactions négatives

« Ce n’est pas un plan de lutte contre la pauvreté, c’est un plan d’intégration au travail », a répliqué Serge Petitclerc, du collectif Pour un Québec sans pauvreté. Il regrette que le salaire minimum, les services publics et les protections sociales ne soient pas améliorés.

« C’est un rendez-vous manqué pour aider l’ensemble des personnes à l’aide sociale », a ajouté Yann Tremblay-Marcotte, du Front commun des personnes assistées sociales du Québec.

Faits saillants du Plan d’action

1. Sortir 100 000 personnes de la pauvreté (2,3 G$)

  • Amélioration du revenu disponible
  • Intégration au marché du travail
  • Soutien aux entreprises

2. Améliorer le logement social (286 M$)

3. Favoriser la participation sociale (379 M$)

  • Alliances de solidarité (projets locaux)
  • Soutien des organismes sociaux
  • Accès aux services de garde
  • Maternelle à 4 ans dans les milieux défavorisés
  • Soutien en sécurité alimentaire

4. Recherche et évaluation (3 M$)