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Coupable d’attentat à la pudeur et voies de fait

Gilles Cloutier
Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin Gilles Cloutier

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L’un des témoins vedettes de la commission Charbonneau a été trouvé coupable, lundi, d’abus sexuels et physiques sur deux jeunes filles, à qui il a imposé des corvées ménagères et des punitions cruelles.

L’ex-organisateur politique Gilles Cloutier, 77 ans, a encaissé sans broncher les verdicts de culpabilité rendus par la juge Maria Albanese face aux accusations de voies de fait sur les deux mineures et d’attentat à la pudeur sur l’une d’elles, au palais de justice de Saint-Jérôme.

Jeunes enfants

Les crimes remontent à la fin des années 60 et au début des années 70, quand Cloutier travaillait au ministère des Transports.

Les plaignantes étaient alors âgées de 8 à 12 ans et vivaient dans l’entourage de Cloutier au moment des infractions.

Ses victimes ont dit qu’elles se sont décidées à le dénoncer aux policiers après avoir vu Gilles Cloutier à la télé, au printemps 2013, témoignant à la commission Charbonneau de magouilles politiques auxquelles il a pris part ou dont il fut témoin.

À genoux

Selon elles, Cloutier leur commandait « plein de tâches ménagères » au milieu de la nuit, comme de cirer ses chaussures. Il les forçait à se mettre à genoux pendant « des heures ».

« Si je m’endormais à genoux, il me donnait un coup de pied ou une claque du revers de la main », a témoigné l’une d’elles, en ajoutant que Cloutier l’a déjà envoyée en punition dehors pendant 15 minutes, en plein hiver, vêtue d’un simple pyjama et de ses bottes.

L’une des plaignantes a dit n’avoir jamais oublié l’odeur de la crème à barbe avec laquelle Cloutier lui a enduit les parties génitales avec sa main, après l’avoir assise sur le comptoir de la salle de bain.

« Après, il m’a dit : “Va te laver” », avait-elle déclaré en pleurant au tribunal.

Au procès, Cloutier a plaidé son innocence. Tout au plus, il admettait les avoir frappées de sa main aux épaules ou sur les joues pour les punir.

Il affirmait que les victimes avaient « exagéré » et qu’elles étaient « motivées par la vengeance ».

La juge Albanese a cependant conclu que le témoignage de Cloutier, qui a fourni des versions différentes aux policiers et lors du procès, n’a pas soulevé de doute raisonnable dans son esprit.

Gilles Cloutier reviendra en cour en février prochain afin de recevoir sa peine.

► Les procureurs de la poursuite, Caroline Lafleur, et de la défense, Simon Dolci, n’ont pas précisé si Cloutier risquait la prison. Ils tenteront de s’entendre sur une peine à suggérer au tribunal.