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Coûts de la centrale de police: la Ville admet plusieurs erreurs de planification

La centrale de police du parc Victoria
Photo d'archives, Pascal Huot La centrale de police du parc Victoria

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L’explosion des coûts de la future centrale de police de Québec s’explique par une série d’erreurs dans la planification du projet, un manque de communication, des «ajustements» aux besoins des policiers et une hausse de la superficie.

À l’origine, en 2013, le projet de nouvelle centrale avait été évalué à 85 M$, une estimation qui avait fait bondir le maire Régis Labeaume. «Je peux vous dire qu’il y avait du monde de mauvaise humeur au comité exécutif. Le 85 millions $, il nous est rentré de travers», a-t-il raconté lors d’un comité plénier jeudi. 

Son administration a forcé la note un peu trop, convient-il, pour tenter de ramener la facture à 40 M$. «On a eu une réaction exagérée et on a décidé que nous autres, on allait couper les coûts parce qu’on avait l’impression que la police mettait du chrome. On ne s’est pas parlé puis on a décidé de faire la job nous autres. Ce qu’on n’a pas fait, c’est de tenir compte des particularités propres à un service de police et une cour de justice», a-t-il admis.

«Alors on s’est mis à évaluer un bâtiment au mètre carré. C’est comme ça que ça marche généralement sauf qu’un mètre carré sur lequel il y a des cachots, ça ne coûte pas pareil», a expliqué le maire.

Questionné par le chef de l’opposition Jean-François Gosselin, jeudi, le directeur du Service de la gestion des immeubles de la Ville de Québec Jean Rochette a également reconnu que son équipe avait sa part de responsabilité.

«Il y avait une volonté de chercher le prix plancher minimum pour faire une centrale de police. Et nous, à la gestion des immeubles, bien qu’on ait reçu les besoins du service de police et de la cour municipale, on a fait des coupures assez importantes, on a fait une interprétation des besoins et on n’a pas fait ça en consultation, on a fait ça de notre côté pour arriver à ce coût-là», a répondu M. Rochette.

De 40 M$ à 50 M$ puis à 72 M$

Le véritable coût du projet révisé à la baisse n’était toutefois pas de 40 M$ mais bien de 50 M$ a insisté M. Rochette. «C’est une erreur du service de la gestion des immeubles vis-à-vis la direction générale. En fait, on a donné le coût de construction plutôt que le coût de projet.  Il faut ajouter les honoraires, les conditions générales, les frais administratifs et surtout le mobilier. Donc, on part de 50 M$. Il y a déjà une marge qui est moins grande, mais il y a encore, entre 50 M$ et 72 M$, quelque chose qui est étonnant», a-t-il concédé.

L’écart s’explique par des ajustements aux besoins en cours de planification (36 %), l’augmentation de la superficie du nouveau bâtiment (20 %), les enjeux additionnels liés à la sécurité de la cour municipale et la détention (11 %), la gestion des sols contaminés (7%), et d’autres frais divers comme les contingences, les taxes et des frais administratifs (26 %).

«C’est ça qui donne le coût de 72 M$. Ceci dit, c’est quand même 13 M$ de moins qu’au début, il ne faut jamais l’oublier», a résumé le maire Labeaume.

Un stationnement couvert?

Le maire n’a toutefois pas exclu que la facture puisse encore grimper s’il donne suite à la demande du chef de police qui réclame un stationnement couvert dans Lebourgneuf pour ses patrouilleurs. «Ça va être un choix politique. La décision n’est pas prise. Mais ça va dépendre comment ça va dans le PTI et on va voir entre guillemets si on a du lousse mais aujourd’hui, ça a été exclu du projet.»