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Sur la patinoire de Patrick Léonard

Patrick Léonard a beaucoup voyagé avec son spectacle Patinoire depuis sa création, en 2011.
Photo courtoisie Roland Lorente Patrick Léonard a beaucoup voyagé avec son spectacle Patinoire depuis sa création, en 2011.

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C’est à un spectacle solo pluridisciplinaire, qui a été présenté plus de 165 fois sur trois continents au cours des six dernières années, que Les 7 doigts de la main convient les amateurs de cirque de tous âges durant la période des Fêtes, à la TOHU.

Afin d’en apprendre un peu plus sur cette création à la fois acrobatique, théâtrale et clownesque, Le Journal s’est entretenu avec Patrick Léonard, son créateur.

Parlez-nous de la création de Patinoire. Il s’agit d’un spectacle solo, ce à quoi ne nous ont pas habitués Les 7 doigts de la main, depuis leur création.

C’est sûr que les solos, dans le monde du cirque, ne courent pas les rues, particulièrement au Québec. Ce qui est particulier, aussi, c’est que c’est un solo dans lequel il y a un peu de tout. C’est un spectacle très acrobatique. Il y a donc une part de virtuosité, mais il y a aussi des parties dansées, par exemple. L’approche est très contemporaine. C’est un spectacle vraiment accessible.

Le spectacle s’appelle Patinoire, mais il n’est pas présenté sur glace. Pourquoi l’avoir baptisé ainsi ?

Je suis un ancien champion de patin à roulettes artistique. J’avais commencé à explorer cette discipline pour le spectacle et nous avions même fait des photos, pour une éventuelle affiche. Finalement, je n’ai pas retenu ce que j’avais développé avec les patins. Si nous avons gardé ce titre et cette image [NDLR L’artiste porte des patins sur l’affiche officielle], c’est parce que mon personnage est assez peu préparé, pour son spectacle. En fait, je me fais passer pour un gars qui a sorti des affaires de son garage, qui s’est dit qu’il allait faire un show parce qu’il avait de bonnes idées, mais une fois arrivé sur place, les choses ne se passent pas comme il le veut. Il se retrouve donc dans des situations imprévues et imprévisibles et il doit « patiner » pour s’en sortir. C’est pour ça que nous avons gardé le titre Patinoire. Ça représente le terrain de jeu dans lequel mon personnage « patine » pour se sortir de situations inconfortables­­­.

Quelles sont les raisons qui vous ont motivé à vous lancer dans la création d’un spectacle solo ?

Je pense que tous les performeurs circassiens espèrent un jour avoir la chance de vivre ce que c’est que d’être seul, sur une scène. J’ai toujours été un gars assez multidisciplinaire. Je ne suis pas très bon dans une discipline en particulier, mais je suis un peu bon dans plein d’affaires. Finalement, j’ai commencé ma carrière solo, puis nous avons créé les 7 doigts de la main, et puis les choses ont roulé et je n’avais jamais le temps de développer ça. En 2010, j’ai eu un accident qui a fait en sorte que j’ai été obligé de m’arrêter. Je me suis dit que c’était le bon moment pour réfléchir à mon spectacle solo.

Quels sont les principaux défis liés à la création d’un spectacle solo ?

Dans un solo, on ne peut pas se donner avec la même intensité que lorsqu’on est sept ou huit sur scène, parce qu’après une heure, tu n’es plus capable de maintenir le rythme. Surtout moi, puisque je suis quelqu’un qui bouge beaucoup, sur scène, et qui essaie vraiment de remplir tout l’espace. Je me suis donc associé à un metteur en scène qui ne fait pas partie des 7 doigts, Nicolas Cantin (...) C’est un prof de clown. Il travaille beaucoup sur la profondeur des personnages, sur l’immobilité. Je trouvais que c’était une bonne contrepartie, pour moi.

Sur scène, ressentez-vous une pression supplémentaire parce que vous vous produisez en solo ?

Absolument. Quand nous sommes cinq ou six et qu’il y a un pépin, il y a toujours quelqu’un pour venir te supporter, t’aider ou prendre ta place. J’ai beaucoup appris, grâce à ce spectacle. J’ai appris à récupérer des situations que je n’aurais peut-être pas été capable de récupérer à l’époque où je faisais uniquement des spectacles avec plusieurs personnes (...) J’ai aussi réalisé que le public est très indulgent. Il sent les choses. Quand il y a quelque chose qui ne semble pas fonctionner, il est encore plus avec toi. Il faut savoir profiter de ça et l’utiliser plutôt que de paniquer.


Patinoire, spectacle des 7 doigts de la main, sera présenté à la TOHU du 19 décembre au 6 janvier. Plus d’informations à l’adresse tohu.ca.