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Fred Pellerin au Grand Théâtre: entre le conte et la chanson

Fred Pellerin
Photo Simon Clark Fred Pellerin raconte, de façon imagée, savoureuse, et avec de beaux moments d’émotion, le début de vie du village de Saint-Élie-de-Caxton.

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Avec un mélange bien dosé entre le conte et la chanson, Fred Pellerin propose, avec son nouveau spectacle Un village en trois dés, une nouvelle aventure mettant en vedette Saint-Élie-de-Caxton.

Le conteur lançait, mardi, dans une salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre de Québec remplie au maximum de sa capacité, la première de quatre représentations de son sixième spectacle de contes.

Une aventure où il plonge, avec une chaise, un micro et deux guitares acoustiques, dans les origines du petit village de la Mauricie, qui a vu le jour le 12 avril 1865.

Un soir, les gens qui allaient plus loin que le bout du chemin ne sont pas revenus. Ils se sont installés sur le bord d’une rivière, ont bâti une église et se sont commandé un curé.

« Il y avait un jeune et un vieux curé qui étaient disponibles. Ils ont joué aux dés. Le perdant irait s’installer dans ce nouveau village, mais le plus jeune, qui s’opposait aux jeux de hasard, parce que c’était nier l’existence de Dieu, n’a jamais brassé les dés et cet homme, qui s’appelait Élie, est devenu le curé de ce nouveau village. Il venait de s’embarquer dans un moyen mandat », a lancé Fred Pellerin.

Le conteur tire sur une des cinq cordes tombant du ciel, il sonne les cloches et chante Gens du vieux rêve de son album Plus tard qu’on pense. Le spectacle décolle de belle façon, sous des faisceaux de lumière blanche et à travers un halo de fumée.

Fred Pellerin raconte qu’il a découvert, en se rendant dans la voûte du bureau municipal, que les premières pages racontant l’histoire du village, dans les archives, étaient manquantes. « Il s’est passé quoi le 11 avril pour que le village ne naisse pas à ce moment », a-t-il indiqué, suggérant, à la blague, de téléphoner à Odette Villemure, qui s’occupe du bureau municipal.

« S’il y a 700 ou 800 personnes qui l’appellent demain [aujourd’hui], elle va rire », a-t-il ajouté.

De belles insertions

Fred Pellerin précise qu’il ne fait plus de conte, qu’il en a fait et qu’il prononce maintenant des conférences, avant de raconter les histoires rocambolesques de son village.

Il parle de Toussaint Brodeur, proprio du magasin général, du barbier Méo, de Mme Gélinas, qui a donné naissance à 473 garçons, qui ont garni toutes les équipes de hockey de Saint-Boniface, d’Alice la postière, de Lurette, qui attend l’arrivée d’une lettre d’un amoureux mort à la guerre et du Petit et du Gros Charles.

Une des forces de cette nouvelle aventure de Fred Pellerin, outre la présence de contes toujours aussi fous et imagés, est l’insertion de chansons, liées aux histoires et qui, avec de belles insertions intimistes, bonifient le spectacle et amènent de l’émotion.

Je redeviens le vent, de Martin Léon, Je m’envolerai, de Daniel Lavoie, Le grand cerf-volant, Amène-toi chez nous, de Jacques Michel, et Rentrer chez-nous font partie de ces moments.

Conteur qui travaille sans texte, Fred Pellerin s’accroche quelques fois, mais il livre, seul sur scène, durant 1 h 45, une grande performance. Il s’agit de se laisser prendre par la main et d’aller à la rencontre de ces délicieux personnages.

Fred Pellerin poursuit, mercredi soir, jeudi et vendredi, son séjour au Grand Théâtre de Québec et il reviendra le 22 mars et les 6, 7 et 8 décembre pour des supplémentaires.