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Moins de formation pour les grutiers

Des experts craignent que des drames surviennent

Cette grue a écrasé une voiture  à Montréal sur la rue d’Iberville au début du mois.
Photo d'archives Cette grue a écrasé une voiture à Montréal sur la rue d’Iberville au début du mois.

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La FTQ craint une augmentation du nombre de morts sur les chantiers de construction alors que le gouvernement s’apprêterait à éliminer le seul cours obligatoire pour devenir opérateur de grue.

« C’est le retour aux accidents sur les chantiers, aux morts, alors qu’on avait réussi à faire diminuer le nombre depuis 1997 », s’inquiète Evans Dupuis, directeur de l’Union des opérateurs grutiers, affiliée à la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ).

45 heures de cours

Les grutiers sont l’un des deux seuls corps de métier de la construction à devoir passer un cours obligatoire de 45 heures donné par le ministère de l’Éducation et la CNESST pour obtenir le droit de travailler. Mais à la demande de la Commission de la construction du Québec (CCQ), le gouvernement devrait présenter mercredi un nouveau règlement pour abolir ce cours. La CCQ voudrait ainsi pallier une pénurie de main-d’œuvre chez les grutiers.

« Le cours avait été instauré en 1996 à la demande de la CNESST en raison du nombre élevé de morts de grutiers sur les chantiers, rappelle M. Dupuis. On est passé de 4,5 morts de grutiers par année à 1,5 mort après la création du cours obligatoire. »

Evans Dupuis, Directeur opérateurs grutiers
Photo courtoisie
Evans Dupuis, Directeur opérateurs grutiers

Les exemples sont encore fréquents à Montréal. Un laveur de vitre à l’Université du Québec à Montréal avait perdu la vie en 2016 parce qu’il avait mal positionné sa grue. Un livreur avait défoncé le toit d’une garderie à Saint-Léonard la même année en raison d’une mauvaise manipulation de sa grue.

La FTQ ajoute, en réponse à la CCQ, que la seule pénurie de main-d’œuvre avait été annoncée en 2011-2012. Elle avait été contrôlée en demandant à des étudiants aspirants grutiers de venir prêter main-forte pendant l’été.

Avec ces changements, n’importe qui pourrait alors devenir grutier, tant qu’elle obtient une lettre d’un employeur lui promettant 150 heures de travail.

« J’ai moi-même appris sur le terrain et en suivant le cours après sa création en 1997, je me suis rendu compte que je faisais plusieurs choses dangereuses », se rappelle M. Dupuis.