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Encore du travail pour les Bills

Buffalo Bills v New England Patriots
AFP

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C’est une façon comme une autre de rappeler que les Bills se rapprochent dangereusement de l’objectif. À ce rythme, les Patriots cesseront bientôt de s’amuser seuls dans le carré de sable de la division Est. Mais il reste encore du travail à faire et des brèches à colmater. Parce que pour les Bills, il ne suffit plus d’être compétitif. Il faut franchir une étape de plus et devenir une équipe crainte.

Comment faire pour y parvenir? Ce qui semble faire le plus cruellement défaut à l’équipe, c’est un véritable chasseur de quarts-arrières en défensive. Malgré deux sacs aux dépens de Tom Brady, celui-ci a généralement gambadé avec trop d’aisance dans sa pochette protectrice face aux Bills et ça fait trop longtemps que ça dure. Ne cherchez pas pourquoi les Patriots connaissent tant de succès contre Buffalo. Année après année, Brady a tout le temps du monde pour rejoindre Rob Gronkowski et ses autres receveurs.

L’entraîneur-chef Sean McDermott a assemblé une tertiaire de qualité qui a limité Brady à 224 verges. Reste maintenant à modeler un front capable d’appliquer davantage de pression. Même lorsqu’il est en santé, ce qui n’a rien d’une garantie depuis le début de sa jeune carrière (il était à l’écart dimanche), Shaq Lawson ne semble pas le joueur attendu.

Ce même front a mal paru face au jeu au sol des Patriots. Rien contre Dion Lewis, mais celui-ci représente normalement une menace comme valve de sécurité sur le jeu aérien. Il a pourtant accumulé 129 verges au sol face aux Bills, franchissant le cap des 100 verges pour la deuxième fois de sa carrière seulement. Les Bills sont 30e contre la course et 26e au chapitre des sacs du quart. Voilà qui en dit long sur la qualité médiocre de leur front défensif.

Que faire avec Taylor?

L’autre grande question, c’est de déterminer une fois pour toutes si ça en vaut la chandelle de poursuivre avec Tyrod Taylor au poste de quart. À mon humble avis, et je l’ai souvent écrit, les Bills seront toujours compétitifs avec lui, sans plus. Est-ce vraiment ce à quoi cette équipe aspire?

Taylor est capable à tout moment de réaliser un gros jeu ou de sortir l’offensive d’embarras en raison de sa mobilité. Mais de manière générale, il laisse aussi beaucoup trop de jeux sur le terrain. Certains diront que face aux Patriots, puisqu’il a été frappé à neuf reprises (dont six sacs), c’est qu’il est mal protégé. Pour ma part, j’ai surtout vu (revu en fait, c’est récurrent), un quart-arrière s’accrochant trop longuement au ballon, ratant quelques cibles ouvertes et trop souvent sans grande présence dans sa pochette protectrice.

Taylor est plus du genre à attendre un receveur ouvert qu’à anticiper l’ouverture. Ses passes manquent donc fréquemment de timing. Soyons clairs, il n’est pas incompétent et si les Bills décident d’aller voir ailleurs, une autre équipe sera rapidement entichée de ses habiletés athlétiques. Il n’en demeure pas moins, selon moi, que la disette des Bills sans séries ne prendra pas fin avec lui. Et si par magie les Bills devaient se classer en séries avec lui, on les imagine mal faire un long bout de chemin avec les autres puissances de la conférence.

Le problème, c’est que les Bills ne sont pas si loin d’être vraiment dangereux et repartir à zéro au poste de quart risque forcément d’amener un recul. Les partisans des Bills, qui en ont bavé pendant de longues années, sont-ils prêts à patienter encore plus? De là la tentation pour certains de poursuivre avec Taylor, quitte à greffer de meilleurs morceaux autour. Les véritables quarts-arrières de grande qualité sont toutefois ceux qui élèvent l’équipe, plutôt que de se laisser élever par celle-ci.

Les arbitres

Évidemment, quelques décisions douteuses des officiels, dont le touché refusé à Kelvin Benjamin, ont nui à la cause des Bills face aux Patriots. Si ces points avaient été inscrits au tableau, le match aurait pris une autre tournure. De là à affirmer que les Bills s’en seraient sortis avec la victoire, il y a toute une marge, cependant.

Mieux vaut de toute façon se détacher de ce match et voir le portrait global de la franchise. Une franchise qui n’est vraiment pas si loin de figurer parmi les bonnes équipes de sa conférence, mais pour qui la saison morte sera cruciale aux positions énumérées.

Pour l’instant, les Bills ne sont pas morts. Pour faire les séries, ils devront battre les Dolphins au dernier match du calendrier, en plus d’espérer une défaite des Ravens (face aux Bengals) ou des défaites des Titans (face aux Jaguars) et des Chargers (face aux Raiders).

Bref, les séries sont encore envisageables, même si les chances sont minces. Mais séries ou pas, il ne faut pas se leurrer. Il y a encore du travail à faire chez les Bills pour que les signes encourageants de 2017 se transforment en vrais résultats concrets en 2018.

 

LES GAGNANTS DE LA SEMAINE

  1. Les 49ers

Il n’y a plus de doute. Les 49ers ont mis la main sur un vrai quart-arrière en Jimmy Garoppolo. Passer pour 242 verges avec deux touchés par les airs et un au sol face à la défensive des Jaguars, aux commandes d’une attaque ordinaire comme celle des 49ers, c’est un tour de force.

  1. Les Browns

Les Browns? Pourquoi les Browns parmi les gagnants de la semaine? Parce que leur 15e défaite de la saison leur a assuré le tout premier choix au prochain repêchage. Maintenant, faudra l’utiliser à bon escient.

  1. Todd Gurley

Quel fantastique monstre! Gurley a propulsé les Rams en séries avec 276 verges au total et deux touchés. Il doit être considéré dans la discussion à propos du joueur le plus utile du circuit.

  1. Les Ravens

Les Ravens, avec leur neuvième victoire, contrôlent maintenant leur destinée. Une victoire face aux Bengals la semaine prochaine et ils retournent en séries. C’est aussi simple que ça!

  1. Les Saints

Les Saints retournent en séries pour la première fois depuis 2013. Reste à voir s’ils remporteront leur division.

LES PERDANTS DE LA SEMAINE

  1. Les Cowboys

Quelle performance embarrassante de l’offensive face aux Seahawks! Les Cowboys sont éliminés de la course aux séries. Dez Bryant a connu un match atroce.

  1. Les Lions

Je l’écrivais samedi, dans le cadre de mes prévisions hebdomadaires : c’est en plein le genre des Lions de perdre un match critique au pire moment, contre une équipe bien ordinaire. C’est la fin des espoirs de séries et peut-être la fin pour Jim Caldwell.

  1. Les Falcons

La défaite face aux Saints leur complique drôlement la vie, avec un match à venir face aux Panthers. Étrange de voir à quel point ils étaient absents dans un duel aussi critique.

  1. New York

Pauvres New-Yorkais! Les Giants ont été blanchis dans un match sans la moindre importance, tandis que les Jets ont encore vu Bryce Petty couler à pic face aux Chargers. On a déjà vu du football plus percutant dans la Grosse Pomme!

  1. Blake Bortles

Juste au moment où je commençais à peine à croire en Blake Bortles, le quart-arrière des Jaguars a fait patate face aux 49ers. Rien à ajouter...