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L’architecte durant un quart de siècle

Rédacteur en chef du Journal de Québec pendant 26 ans, il souligne à son tour l’anniversaire du quotidien

Sous l’égide de l’ancien rédacteur en chef, Serge Côté, le Journal est devenu le quotidien numéro un à Québec, notamment en proposant de nouveaux contenus, des cahiers spéciaux et des sujets chauds de l’actualité qui marquaient l’opinion publique et qui en faisaient un « médium sérieux qui allait au fond des choses ».
Photo annie t. roussel Sous l’égide de l’ancien rédacteur en chef, Serge Côté, le Journal est devenu le quotidien numéro un à Québec, notamment en proposant de nouveaux contenus, des cahiers spéciaux et des sujets chauds de l’actualité qui marquaient l’opinion publique et qui en faisaient un « médium sérieux qui allait au fond des choses ».

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Architecte de nombreux changements à la rédaction du Journal de Québec pendant plus de la moitié de son histoire, Serge Côté assiste avec fierté aux 50 ans du quotidien, à qui il souhaite maintenant « un autre 50 ans », tout simplement.

« J’ai toujours été extrêmement fier du Journal de Québec, et je le suis encore aujourd’hui. C’est un journal qui bouge, qui est à la fois informatif et divertissant, et il n’a pas perdu cette grande qualité-là », souligne d’emblée celui qui a été rédacteur en chef de 1980 à sa retraite, en 2006.

Aller « à contre-courant »

Durant ces années, Serge Côté opère des « changements majeurs » à la mission du quotidien, ce qui va lui permettre de devenir numéro un à Québec. Une « formule gagnante » qui promet encore de glorieuses années, prédit-il.

« À l’époque, Le Journal était considéré comme un journal jaune, un journal de sexe, de sang et de sports », raconte-t-il.

« Dès mon arrivée, on m’a demandé de convertir Le Journal vers quelque chose de plus crédible. Ce fut mon mandat le plus difficile, puisqu’il fallait aller à contre-courant de ce que plusieurs étaient habitués de faire, et ça, ce n’est pas facile dans le domaine intellectuel », indique-t-il, qualifiant son passage au Journal de « très mouvementé ».

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Tout y est passé, de la mise en page au style d’écriture de la trentaine de journalistes de l’époque. « On a changé notre approche de certaines informations, comme les faits divers, en faisant attention aux adjectifs utilisés, pour ne pas charrier, rester objectifs », mentionne Serge Côté.

Au début des années 1980, les sections « Affaires » et « International » ont été ajoutées, tout comme le supplément du samedi et l’édition du dimanche.

« Entre 1980 et 1983, c’est là que le gros coup s’est donné », relate le passionné d’information, qui a débuté sa carrière en tant que journaliste à Chicoutimi, à l’âge de 16 ans.

La présentation de cahiers spéciaux portant sur différents sujets chauds de l’actualité a aussi fait son apparition, positionnant ainsi Le Journal comme un « médium sérieux qui allait au fond des choses ».

« Ça marquait l’opinion publique », indique M. Côté, en évoquant certains cahiers sur la mort de René Lévesque, l’attentat du parlement de Québec et le déluge du Saguenay.

À travers tous ces changements, sa plus grande fierté est d’avoir su positionner le quotidien de Québec en première place. « Le fait que ce médium-la soit devenu numéro un, sept jours sur sept, contre un concurrent qui existait depuis une centaine d’années, de l’avoir vu progresser, d’avoir combattu les préjugés, ça ne se décrit pas », mentionne-t-il.

« L’information, c’était une mission »

Aujourd’hui âgé de 71 ans, M. Côté admet s’ennuyer du milieu de l’information, qui a été le « centre de son univers » pendant 26 ans.

« C’était du missionnariat, c’était la vie au complet. Ça passait avant tout, les amitiés, la famille. On s’oubliait complètement quand on faisait de l’information », indique-t-il, en précisant que c’est un métier qui lui a procuré « beaucoup de satisfaction ».

« Il faut avoir les reins solides, mais c’est une profession qui peut permettre de changer les choses », conclut-il.

— Avec la collaboration de Dominique Lelièvre