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Notre Bureau d’enquête fait bouger les choses

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En 2017, les reportages de notre Bureau d’enquête ont dicté l’actualité à maintes reprises. Un député provincial, Gaétan Lelièvre, a été exclu du caucus péquiste après que nous avons révélé ses liens de proximité avec des dirigeants d’une firme controversée. L’ex-maire de Montréal Denis Coderre a admis une erreur relativement à un chèque qu’il avait reçu en 2012. Sans oublier nos révélations sur l’enquête policière qui vise le financement politique au Parti libéral du Québec, qui ont déclenché une véritable chasse aux sources de la part de l’Unité permanente anticorruption.

 

La chasse aux sources est lancée

Le patron de l’UPAC, Robert Lafrenière, s’est promis de trouver les sources de notre Bureau d’enquête.
Photo d'archives
Le patron de l’UPAC, Robert Lafrenière, s’est promis de trouver les sources de notre Bureau d’enquête.

Le 24 avril, notre Bureau d’enquête révélait que l’Unité permanente anticorruption (UPAC) surveillait de près l’ancien premier ministre Jean Charest et l’ex-argentier libéral Marc Bibeau dans le cadre d’une enquête nommée Mâchurer. Les reportages qui ont suivi ont occupé l’avant-plan de l’actualité politique tout au long de l’année.

Mais tandis que nous révélions de nombreux détails sur la grande proximité entre messieurs Charest et Bibeau, l’UPAC, elle, s’inquiétait plutôt des fuites de ses informations dans les médias.

Une enquête interne a d’abord été mise sur pied, suivie, début juin, du déclenchement d’une enquête criminelle.

Une équipe d’enquêteurs composée de six corps policiers s’est alors mise au travail « dans le plus grand secret », a reconnu plus tard le directeur des opérations de l’UPAC, André Boulanger.

Lors de son passage à l’Assemblée nationale le 4 mai, le grand patron de l’UPAC, Robert Lafrenière, a déclaré vouloir « ardemment » mettre la main au collet du « bandit » qui aurait coulé des éléments de l’enquête.

Député arrêté

Le 25 octobre, une onde de choc secoue l’Assemblée nationale : le député libéral Guy Ouellette est arrêté sans explication. Les domiciles de deux policiers sont aussi perquisitionnés, mais aucune accusation n’est déposée.

Face à cette situation, le président de l’Assemblée nationale Jacques Chagnon prononce un discours historique dans lequel il clame « qu’on accuse ou qu’on s’excuse ».

En conférence de presse, des dirigeants de l’UPAC ont expliqué quelques éléments de cette enquête sur les fuites.

« Je suis foncièrement convaincu qu’il y aura des accusations dans ce dossier-là », a déclaré M. Lafrenière.

Il a toutefois refusé de dire s’il visait M. Ouellette.

Le 15 novembre, notre Bureau d’enquête faisait d’autres révélations sur l’influence de Marc Bibeau sur le Parti libéral du Québec (PLQ), lors notamment de somptueuses réceptions durant lesquelles les ministres et les firmes de génie étaient mis en relation.

À ce jour, aucune accusation n’a été déposée ni contre des suspects de l’enquête Mâchurer ni contre des sources qui auraient informé les médias.

Guy Ouellette a réintégré le caucus du Parti libéral le 21 novembre.

 

Des politiciens dans l’embarras

Un député est chassé du PQ

Gaétan Lelièvre
Photo d'archives
Gaétan Lelièvre

Le passé du député de Gaspé Gaétan Lelièvre est revenu le hanter après que notre Bureau d’enquête eut révélé qu’il avait sollicité des faveurs d’une firme de génie alors qu’il était directeur général de la Ville de Gaspé, en 2008-2009.

M. Lelièvre a notamment demandé et obtenu des billets au Centre Bell pour son fils, il a bénéficié gratuitement d’un condo appartenant à un ingénieur de la firme Roche. Cette dernière invitait aussi M. Lelièvre à passer « une petite soirée de gars ». Or, à cette même époque, Roche cherchait à obtenir de gros contrats avec la Ville de Gaspé.

M. Lelièvre n’a jamais été accusé de fraude et d’abus de confiance, contrairement à l’ex-maire de Gaspé François Roussy. Mais son comportement soulevait plusieurs questions. Confronté aux preuves publiées dans Le Journal, le Parti québécois a préféré l’exclure de son caucus. M. Lelièvre siège depuis le 17 mai en tant que député indépendant.

Denis Coderre reconnaît une erreur

Denis Coderre
Photo d'archives
Denis Coderre

L’ex-maire de Montréal Denis Coderre a été placé dans l’embarras lorsque notre Bureau d’enquête a révélé, en avril, qu’il avait encaissé un chèque de 25 000 $ fait par l’homme d’affaires Jean Rizzuto. Il avait reçu ce chèque en 2012, alors qu’il était député fédéral, mais ne l’avait pas déclaré au commissaire à l’éthique de la Chambre des communes.

« Peut-être que j’aurais dû le faire [déclarer le don au commissaire à l’éthique] », a-t-il admis le lendemain lors d’un point de presse.

Selon Denis Coderre, l’argent avait servi à payer les frais juridiques dans une poursuite l’opposant au hockeyeur Shane Doan en 2005.

Contacté une première fois par notre Bureau d’enquête, le maire de l’époque avait nié avoir reçu le chèque, avant de s’en souvenir trois semaines plus tard. Il avait mis cet oubli sur le compte d’une prostatite aiguë.

Attaqué par l’équipe Projet Montréal lors de la campagne électorale à propos de nos révélations, Denis Coderre n’a pas été réélu lors du scrutin du 5 novembre.